L’identité et l’avenir du mouvement en question

Brest: 16e rencontres internationales de l’Action catholique ouvrière

Brest, 18mai(APIC) Les 16e rencontres internationales de l’Action catholique ouvrière (ACO) qui se sont tenues à Brest les 14 et 15 mai, ont donné

lieu à de vifs échanges sur l’identité et l’avenir du mouvement. «Nous devons joindre la Parole aux actes», souligne paul Magnan secrétaire national

de l’ACO.

Les 1’000 délégués présents à Brest (pour 16’000 membres en équipe) ont

abordé les questions difficiles qui se posent au militant chrétien dans un

monde ouvrier en pleine mutation face au chômage et à l’exclusion. De fait

explique Paul Magnan, secrétaire national du mouvement, le rapport à l’engagement a changé, notamment suite à la chute des régimes communistes dans

les pays de l’Est. La référence aux organisations syndicales, très importante pour nous jusque là, est moins absolue. Aujourd’hui les jeunes veulent des objectifs précis, palpables réalisables assez vite. Beaucoup parmi

les nouveaux membres de l’ACO s’engagent ainsi au niveau associatif, dans

des comités de quartiers, des comités pour l’école, des associations de

lutte contre l’exclusion, de droit au logment ou pour la défense de l’environnement.

Autre problème évoqué par une déléguée de Haute-Normandie: «On a

l’impression que notre mission n’intéresse pas beaucoup l’Eglise.» Paul

Magnan rapelle que le dialogue avec l’Eglise se fait au niveau national

notamment par la représentation au sein de la commision épiscopale du monde

ouvrier et au niveau local par une concertation régulière avec l’évêque ou

le synode diocésain. «Il est vrai, admet-il, que le discours ne prend pas

toujours suffisament en compte la vie des hommes et que dans l’Eglise il y

a des sensibilités diverses.» Celle de l’ACO se veut une ouverture sur le

monde selon l’exhortation du Christ: «Lève-toi et marche» reprise dans le

document final du congrès. A titre d’exemple, Mgr Duval, évêque de Rouen, a

signé avec la mission ouvrière locale une déclaration dans laquelle il

dénonce «une situation sociale intolérable».

La pomme de discorde s’est encore portée sur le décalage entre l’action

et le discours de l’ACO, certains délégués estimant que leur mouvement ne

va pas assez loin. «L’ACO comme telle ne mène pas d’action à proprement

parler. Elle se veut plus une instance de réflexion qui regroupe en son

sein des militants de diverses sensibilité: CFDT, CGT, FO, FEN etc. Cette

diversité est essentielle afin qu’on nous ne confonde pas avec un courant

exclusif. Notre vrai dénominateur commun, c’est notre foi en Jésus-Christ

et l’action dans le monde. Pour cela il nous faut sans doute aller vers une

expression publique plus forte.»

Au-delà des divergences d’approche, un large consensus s’est fait sur

nécessité pour les militants de l’ACO de témoigner plus avant de leur foi

chrétienne et en quoi celle-ci les engage. «Nous devons joindre la Parole

aux actes, même si dire Dieu aujourd’hui n’est pas facile dans un monde sécularisé», souligne Paul Magnan. «Nous avons à la fois à recevoir des noncroyants et à leur exprimer ce que l’on croit. Nous le faisons notamment

dans des ’partages de foi’ au cours desquels nous invitons largement les

gens autour de nous. Ce faisant nous touchons beaucoup plus de gens que les

16’000 membres ACO actuellement regroupés en équipes».

Au chapitre de nominations les délégués ont réelu à la présidence de

l’ACO Christian Collange (44 ans) et nommé Gérard de Lima (51 ans) nouvveau

secrétaire général. (apic/jcn/mp)

18 mai 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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