Broc: Après 5 ans, le «Village La Paix» cherche toujours sa voie en Suisse romande

L’esprit de Nicolas de Flue est resté au Ranft

Broc, 30 septembre 2002 (APIC) La «magie» du Flueli-Ranft n’a pas suivi le «Village La paix» en Suisse romande. Installé depuis 5 ans à Broc, au coeur de la Gruyère, dans le canton de Fribourg, ce centre d’éducation à la non- violence ne rencontre pas le succès qu’il a connu durant 14 ans en Suisse alémanique. Son comité directeur démissionne pour janvier 2003 et ses responsables sont en recherche d’un nouveau souffle.

Inconnu sur la scène publique des organisations de promotion de la paix, le «Village La Paix» voit ses week-ends consacrés à l’éducation à la non-violence fréquentés tout au plus par une quinzaine de personnes, quand ils ne sont pas annulés faute d’inscriptions en suffisance. Dans le village même de Broc, certains se méfient encore de cette «secte» venue de Suisse allemande, indique l’hebdomadaire catholique suisse alémanique «Sonntag».

Fondé en 1981 au Flueli-Ranft par les groupes de jeunes catholiques «Blauring» et «Jungwacht», le «Village La Paix» (Friedensdorf) a connu durant ses bonnes années – en Suisse alémanique – une fréquentation annuelle de quelque 5’000 personnes. Ses activités prenaient pourtant fin en 1995, la communauté des Soeurs de Ste Dorothée, en conflit avec les pacifistes, refusant de renouveler le bail des locaux de l’association.

En 1997, le «Friendensdorf» parvenait à s’installer à Broc dans les bâtiments alors vétustes d’une ancienne école appartenant aux Pères de Notre-Dame de la Salette et devenait le «Village La Paix». L’espoir de voir renaître le rayonnement du «Friedensdorf» en Suisse romande faisait vite place à un constat plus amer, l’éducation à la non-violence n’attirant plus les foules. L’hebdomadaire «Sonntag» explique cet échec par le déplacement du «Village» hors du «cadre mystique du Ranft» et surtout hors de la Suisse alémanique où il représentait pour de nombreux jeunes une alternative à la vie d’Eglise traditionnelle.

Interrogée par l’APIC, Sybille Ackermann, animatrice au «Village», remarque néanmoins que des sessions de sensibilisation à la résolution des conflits commencent à rencontrer du succès auprès de groupes d’écoliers provenant de toute la Suisse. La formule de collaboration avec les écoles ou les paroisses semblent mieux fonctionner que les propositions à l’intention des particuliers.

Durant l’été, des familles provenant pour moitié de Suisse alémanique, apprécient de passer quelques jours de vacances à un prix avantageux. Le tourisme à bas prix, certes, mais bien loin de l’idée de départ. Cinquante lits sont en effet disponibles dans l’hôtellerie du «Village». Néanmoins, la saison d’hiver reste creuse et le but éducatif poursuit par l’association est loin d’être atteint, en regard du succès rencontré par le passé.

La quarantaine de collaborateurs du «Village La Paix», des bénévoles pour la plupart, vont tenter de définir ces prochains mois de nouveaux projets. Les responsables souhaitent que le nouveau comité directeur soit plus présent sur les lieux afin de développer des activités qui contribuent à l’implantation du «Village» dans la région. Le recrutement de nouveaux collaborateurs et le maintien à flot des finances, provenant pour une bonne part de dons privés, viennent compléter la liste des défis que le «Village La Paix» doit relever pour assurer son avenir. (apic/sonntag/gs/sh)

30 septembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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