Brunnen: Les Soeurs d’Ingenbohl fêtent leur 150e anniversaire
Spectacle «Maison de la nouvelle création» pour marquer le jubilé
Brunnen, 19 septembre 2005 (Apic) La Congrégation des Soeurs d’Ingenbohl, qui a sa Maison mère à Brunnen, dans le canton de Schwyz, compte un peu plus de 4’000 membres à travers le monde, dont 800 en Suisse. La baisse des vocations a poussé les communautés suisses à abandonner plusieurs projets ces dernières années. Le 150e anniversaire de la congrégation, dont les festivités auront lieu en 2006, sera marqué par un grand jeu scénique et de très nombreuses rencontres.
L’année jubilaire de «L’Ordre des Soeurs de Charité de la Sainte- Croix d’Ingenbohl» s’ouvrira le 15 février, jour anniversaire de la mort de son fondateur, le Père Théodose Florentini, et s’achèvera le 26 octobre 2006, jour anniversaire de la béatification de Mère Marie-Thérèse, première supérieure générale. Elle sera marquée par une série de représentations du Mystère «Maison de la nouvelle création», sur un texte de Sr Silja Walter, bénédictine et poétesse au monastère de Fahr, et une musique du compositeur suisse Carl Rütti. Les festivités verront également la participation d’un orateur prestigieux: le conseiller fédéral Moritz Leuenberger, qui devrait devenir président de la Confédération en 2006.
Le «Jeu de la fête» concocté par Sr Silja et Carl Rütti sera donné en allemand et a pour titre «Haus der neuen Schöpfung». Il comporte des éléments de chant avec orchestre, de danse et de théâtre. Une septantaine d’intervenants sont annoncés, dont plusieurs professionnels et des amateurs parmi lesquels des élèves du Thérésianum, tenu par la congrégation. Dix représentations auront lieu du 14 septembre au 4 octobre à l’église du couvent, sur les hauts de Brunnen.
Les festivités de l’an prochain constitueront pour la congrégation une occasion de rencontrer des communautés et groupes dont elles se sentent proches. Seront invités à la fête la paroisse et la population de Brunnen (5 mars et 24-25 juin), les collaboratrices et collaborateurs du couvent (7 mai et 17 septembre) et les membres de tous les ordres religieux en Suisse (4 octobre).
Fêtes en mémoire des trois béatifiées
Une autre dimension des festivités concerne le rayonnement international de la congrégation. Les soeurs de la Province du Bade- Württemberg se rendront en Suisse pour une commémoration de la bienheureuse Ulrika Nisch. Le 30 juin, suivront les religieuses de la Province de Slovaquie, pour une fête à la mémoire de la bienheureuse Zdenka Schelingova. La troisième bienheureuse issue de la congrégation, Mère Maria Theresa Scherer, constituera le point central des festivités du 16 juin et du 29 octobre.
Une rencontre spéciale intitulée «Jour des anciennes», le 3 juin, est consacrée aux femmes qui ont été soeurs d’Ingenbohl puis ont quitté la congrégation. «Nous ne sommes pas brouillées avec elles. Elles ont choisi un autre chemin, mais elles reviennent toujours volontiers chez nous», explique Soeur Kasimira, responsable du comité d’organisation des festivités. Les religieuses de la Province de Suisse romande se rendront à Ingenbohl le 28 mai, jour anniversaire de la fondation de la Maison mère.
Plusieurs autres fêtes, pour les pèlerins, les jeunes, les familles, les politiciens, donateurs du couvent, auront également lieu en juin. Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger, qui sera certainement président de la Confédération, participera en tant qu’orateur à la rencontre du 18 juin. Un court-métrage sur trois projets de la congrégation sera présenté ce jour- là. Enfin, les 24 et 25 juin, les religieuses proposent une «Fête de la colline» sur les hauts de Brunnen, là où se trouvent les trois bâtiments de la Maison mère. La population des environs y sera invitée. Rencontre fraternelle, célébrations, musique traditionnelle et sacrée ponctueront toutes ces fêtes.
OEuvre du Père Theodosius et de Soeur Theresia
La date du début des festivités, le 15 février, correspond à celle du décès, en 1865, du fondateur de la congrégation, le capucin Theodosius Florentini. En 1856, il accompagnait la religieuse de Menzingen Maria Theresia Scherer dans la fondation d’une branche des Soeurs de Ste-Croix à Coire, dans les Grisons. La première communauté s’est adonnée à l’accompagnement des malades, des pauvres et des orphelins. La même année, les religieuses déménagent à Ingenbohl, au bord du Lac des Quatre-Cantons. La congrégation essaime ensuite dans toutes les régions de la Suisse, où elle ouvre des internats notamment en Suisse romande. Les religieuses travaillent également comme institutrices dans les villages, ainsi que dans les institutions pour malades, pauvres et orphelins.
Sur ses quelque 800 religieuses, la province suisse de la congrégation compte près de 300 qui ne sont plus en activité, pour des raisons d’âge ou de santé. Le manque de relève l’a obligée à abandonner plusieurs institutions ces dernières années, notamment dans le domaine de l’enseignement et de la santé. Dans d’autres pays (Inde, Brésil, Ouganda ou en Europe orientale), la congrégation poursuit ses activités d’accompagnement et de formation, notamment auprès des plus pauvres. BB
Encadré:
Le Mystère «Maison de la nouvelle création»
La bénédictine suisse Silja Walter a écrit le texte d’un mystère sur demande des soeurs d’Ingenbohl. Le thème porteur de ce spectacle est: L’histoire du Salut s’accomplit encore – dans des groupes et chez des particuliers. Le bien et le mal s’affrontent sur scène. Le bien est incarné par la première Supérieure générale, Mère Theresia, alors que le mal est illustré par Salomé, dont l’histoire est cité par les évangélistes Mathieu et Marc.
Près de 70 artistes seront mobilisés pour cette oeuvre, dans le choeur, l’orchestre, ainsi que des acteurs et danseurs professionnels. La musique a été composée par Carl Rütti, d’Unterägeri dans le canton de Zoug.
Cette production pèse très fort sur les finances de la congrégation, qui doit maintenant «mendier» selon les termes de Soeur Kasimira. Les religieuses espèrent que les communes et cantons reconnaissants envers les Soeurs d’Ingenbohl pour leur apport souvent gratuit durant des décennies sauront se monter généreux. Le spectacle sera monté à Ingenbohl en septembre et octobre 2006. BB
Encadré:
Il y a 50 ans, la congrégation comptait plus de 9’000 membres
L’année de leur fondation, en 1856, les soeurs d’Ingenbohl étaient au nombre de cent. 17 parmi elles étaient actives dans l’enseignement, 16 dans le domaine de la santé, 61 dans le milieu social et 6 dans l’administration.
Le nombre de religieuses a ensuite régulièrement augmenté, pour atteindre 9’072 cent ans plus tard. 2’321 parmi elles se trouvaient en Suisse, actives avant tout dans la santé, l’enseignement et le domaine social. Seules 194 nécessitaient un accompagnement pour raison d’âge ou de santé.
Puis la crise des vocations apparaît et la congrégation ne compte plus que 4’190 membres en 2004. Parmi elles, 788 se trouvent en Suisse. Le travail au service de l’Eglise a pris en importance et 25 religieuses d’Ingenbohl travaillent en pastorale en Suisse, alors que 262 soeurs doivent maintenant bénéficier d’un accompagnement.
Les soeurs d’Ingenbohl étaient en 2004 au nombre de 681 dans les quatre provinces d’Autriche, 422 dans la province de Croatie, 152 en Tchéquie, 392 dans le Bade-Württemberg, 168 en Bavière, 48 en Hongrie, 242 en Slovaquie, 174 en Italie, 439 aux Etats-Unis, 899 dans les trois provinces d’Inde, ainsi que 26 dans le vicariat de Taiwan, 33 au Brésil, 27 en Slovénie et 23 en Ouganda. La direction générale de la congrégation est formée de huit religieuses. BB
Encadré:
Les trois soeurs d’Ingenbohl béatifiées
La première supérieure générale de l’ordre, Anna Maria Katharina Scherer, est née le 31 octobre 1825 à Meggen dans le canton de Lucerne. A 16 ans, elle travaille à l’Hôpital des Bourgeois de Lucerne. Un pèlerinage à Einsiedeln forge sa vocation religieuse. Le 1er mars 1845, elle rejoint l’institut pour religieuses enseignantes fondé par le Père capucin Theodosius Florentini, qui aura sa Maison mère à Menzingen, et prend le nom de Maria Theresia. En 1850, le Père Theodosius l’appelle à l’institut pour pauvres et orphelins de Näfels, dans le canton de Glaris. La même année, le capucin ouvre un petit hôpital à Coire. Il en confie la direction à Soeur Maria Theresia en 1852.
Quatre années plus tard, la religieuse rejoint la congrégation des Soeurs de Charité fondée par le Père Theodosius. Elle deviendra la première supérieure générale de l’Ordre des Soeurs de Charité de la Sainte-Croix. Mère Theresia meurt le 16 juin 1888. Le pape Jean Paul II la déclare bienheureuse en 1995.
Martyre du communisme
Cecilija Schelingova a vu le jour le 25 décembre 1916 dans une famille de dix enfants à Kriva en Slovaquie. Elle rejoint en 1931 la province locale des Soeurs d’Ingenbohl et prit le nom de Soeur Zdenka. Elle travailla comme infirmière dans différentes maisons de santé de Slovaquie. Elle fut alors impressionnée par la misère des prêtres, menacés par le régime communiste. Elle aida un prêtre condamné à mort à quitter le pays et fut arrêtée pour cette raison en 1952. Les mauvais traitements qu’elle subit en prison la rendirent gravement malade. Les autorités, craignant qu’elle ne succombe en détention, la libèrent en avril 1955. Elle meurt trois mois plus tard, le 31 juillet 1955. En 2003, Jean Paul II la reconnaît martyre et la béatifie lors d’un voyage à Bratislava.
Amour et humilité
Franziska Nisch naquit le 18 septembre 1882 à Mittelbiberach-Oberdorf en actuel Bade-Württemberg, de l’union illégitime d’une caviste et d’un palefrenier. Elle fut d’abord éduquée par une tante, avant de rejoindre ses parents qui se sont par la suite mariés. Son enfance fut surtout marquée par une profonde misère. Au terme de sa scolarité, elle fut engagée comme aide de maison dans trois ménages. Elle tomba malade à l’âge de 22 ans, atteinte d’un érysipèle facial. Durant son séjour en maison de santé, elle fait la connaissance des Soeurs d’Ingenbohl.
Elle rejoint la communauté en 1904 et prend le nom de Soeur Ulrika en 1907. Elle devient aide de cuisine à Bühl (Bade-Württemberg), puis à la Maison St-Vincent à Baden-Baden. Son humilité, ainsi que son amour de Dieu et des humains firent d’elle une religieuse appréciée de tous jusqu’à sa mort en 1913, à l’âge de 31 ans. Soeur Ulrika fut déclarée bienheureuse par le pape Jean Paul II en 1987. BB
Note: Une photo de Sr Kasimira, une de la crypte à Ingenbohl et une copie du logo du Jubilé peuvent être commandés à l’agence Apic: kipa@kipa-apic.ch
(apic/gs/bb)



