Les épiscopats européens lancent un processus de consultation
Bruxelles: A la recherche d’une vision pour l’Union Européenne
Bruxelles, 13 mars 1998 (APIC) «A la recherche d’une vision pour l’Union européenne». Tel a été de la session plénière semestrielle de la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE), réunie les 12 et 13 mars à Bruxelles. Cette étape de réflexion sera suivie d’une consultation, qui devrait conduire en 1999 ou en 2000, à la publication d’un «message commun pour l’Europe».
Dans une Europe qui prépare son élargissement à l’Est, mais où des clivages internes peuvent surgir notamment entre les pays qui utiliseront la monnaie unique et les autres, que signifie encore «une union sans cesse plus étroite entre les peuples» qu’appelait de ses voeux le Traité de Rome en 1957 ? Le Traité d’Amsterdam n’a pu répondre de façon satisfaisante à cette question fondamentale. C’est pourquoi l’Eglise catholique désire contribuer à réduire le risque d’une désintégration en lançant un appel à un véritable effort européen.
Revenir à la vision initiale
Les trois conférenciers invités à cette session de printemps des évêques catholiques de la COMECE ont reconnu que face aux bouleversements actuels, l’opinion publique paraît de plus en plus désemparée. Au sein des institutions européennes, le besoin d’une vision pour l’Union se fait ressentir. Ferdinando Riccardi, rédacteur en chef d’Agence Europe, a relevé la nécessité d’une réflexion de fond sur les vrais objectifs de l’Europe. L’Eglise, comme toute la société civile, doit également participer à leur définition. Pour l’intervenant, la construction européenne comporte une certaine fragilité, et le divorce entre les institutions européennes et l’opinion publique reste un des défis les plus importants à relever.
Ancien secrétaire de la Haute Autorité de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier), le Néerlandais Max Kohnstamm a tenté de circonscrire la philosophie qui était à la base de l’idée de l’intégration européenne chez Jean Monnet, dont il fut un proche collaborateur: la priorité à la personne humaine, la paix, la recherche d’une responsabilité commune et d’une structure de paix pour le monde, telles étaient ses convictions.
Pour Roland Freudenstein, représentant de la Fondation Konrad Adenauer à Varsovie, a l’Europe n’échappera pas à un débat sur les valeurs. Après cinquante ans de paix, la peur de la guerre entre Etats membres n’est plus un projet mobilisateur pour les jeunes générations. Ce projet mobilisateur, a-t-il suggéré, pourrait consister en une réponse commune au défi de la mondialisation. L’élargissement est aussi une chance, au bénéfice réciproque de l’Union et pour les pays candidats: ces derniers y trouveront le stimulant nécessaire pour s’ancrer davantage dans la démocratie, la sécurité et la «modernité européenne»; l’Union y trouvera le stimulant nécessaire pour entamer des réformes intérieures.
Une consultation et un message
Suite à cette première réflexion, les évêques de la COMECE ont décidé de lancer un processus de consultation auprès d’un grand nombre d’acteurs européens, d’experts, de personnalités, des conférences épiscopales des quinze Etats membres et des autres Eglises chrétiennes en Europe. Etape suivante: la publication en 1999 ou en 2000, année du Jubilé, d’un «message commun pour l’Europe». Cette déclaration, qui reposera sur des valeurs chrétiennes comme la solidarité, la responsabilité, la justice et le service aux plus pauvres, montrera l’importance de l’unification européenne pour la paix et la stabilité du continent européen. (apic/cip/mp)



