La recherche biomédicale responsable, un défi pour l’Europe
Bruxelles: Colloque sur la recherche médicale organisé par la COMECE
Bruxelles, 10 décembre 2000 (APIC) Devant les rapides évolutions dans le domaine de la bio-médecine et la poursuite des travaux dans ce domaine tant au sein de la Commission européenne qu’au Parlement européen, la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) a organisé ce jeudi 7 décembre à Bruxelles un colloque sur: «Une Recherche biomédicale responsable: un défi pour l’Europe».
Le rapide développement des sciences, surtout dans le domaine de la bio-médecine, nécessite une réflexion sereine sur les aspects scientifiques et les implications éthiques. Dans un souci d’ouverture et dans une recherche interdisciplinaire, la COMECE a voulu attirer l’attention sur des matières délicates qui touchent à l’essence de la dignité humaine.
En ouvrant le séminaire, le cardinal Thomas Winning, archevêque de Glasgow (Ecosse), a déclaré que l’Eglise considérait la foi et la raison comme «les deux ailes de la vérité». «La vérité, a-t-il déclaré, c’est que, l’Eglise bien loin de s’opposer au progrès, se réjouit des progrès de l’humanité dans différents domaines. Toutes les choses qui contribuent à rendre la vie plus humaine, qui aident la personne à s’épanouir, qui favorisent l’accomplissement de la dignité humaine, sont précieuses aux yeux de l’Eglise. Nous sommes conscients du fait que Dieu a volontairement créé un monde perfectible et que, dans son amour infini pour l’humanité, Il désire impliquer les êtres humains dans son oeuvre de création».
Utilisation d’embryons humains
Le cardinal écossais a également abordé le débat actuel concernant l’utilisation de la recherche sur les cellules souches : «Ce qu’on oublie, c’est que pour obtenir ces cellules, vous devez créer des embryons humains in vitro, à partir desquels vous prélevez les cellules, et jetez ensuite l’embryon. Cette méthode n’est pas seulement inacceptable en raison du fait qu’elle réduit l’embryon humain au statut de simple objet de l’expérimentation mais aussi parce qu’elle est un obstacle sur la voie d’une recherche plus avancée dans les possibilités offertes par une cellule souche adulte, qui, sans poser le problème éthique que je viens juste de mentionner, pourrait s’avérer être aussi prometteuse pour certaines maladies, mais qui nécessiterait peut-être un investissement financier plus important».
Le prélat a rappelé que ces dernières semaines, l’Université Catholique de Rome a offert une nouvelle solution: le développement d’une banque de cellules souches composée de matériau génétique prélevé sur le cordon ombilical. «Cela est, pour moi, un exemple très concret de la manière dont la foi et la raison peuvent collaborer pour le bien commun», a lancé Mgr Winning.
Le colloque a vu la participation de nombreux professeurs d’université de toute l’Europe, qui ont abordé divers aspects de la problématique. Les débats ont été menés par le professeur Alain Pompidou, de Paris, et le Dr Peter Liese, membre du Parlement européen. (apic/cip/bb)



