Se laisser déranger par les implications sociales de l’Evangile
Bruxelles: Congrès européen des anciens élèves des jésuites (200893)
Bruxelles, 20août(APIC) Le Congrès européen des anciens élèves des jésuites s’est ouvert jeudi à Bruxelles. Quelque 250 anciens, venus de onze
pays, feront le point jusqu’à dimanche sur leurs actions en faveur des réfugiés, des migrants, des exclus. On note la présence à ce congrès du préposé général de la Compagnie de Jésus, le Père Peter Hans Kolvenbach.
Les fédérations ne se sont pas rassemblées uniquement par amitié ou pour
entendre de beaux discours, a précisé d’emblée Michel Dussenne, président
de la Confédération européenne. Jusqu’ici, les associations des anciens des
jésuites – ils sont 2 à 3 millions dans le monde – se bornaient à développer le liens d’amitié et l’entraide entre les membres et à maintenir les
contacts entre les élèves et leurs anciens professeurs. Ces réunions d’»anciens combattants» n’étaient guère orientées vers l’action si ce n’est
quelques initiatives ponctuelles. Depuis quelques années, tout a changé et
les anciens sont passés à l’action dans la logique de l’option préférentielle pour les pauvres, dans laquelle la Compagnie de Jésus s’est nettement engagée.
Le Père Kolvenbach a rappelé l’engagement de la Compagnie pour les réfugiés. Aujourd’hui les jésuites ont quitté les camps de Palestiniens et la
Somalie, passant la main à d’autres personnes, pour s’intéresser à des terrains oubliés comme le Libéria, l’Ouganda, l’Angola et le Mozambique. Le
modèle d’action est très simple, il allie mobilité et urgence, pour attirer
l’attention sur des drames qui risquent de passer inaperçus. Lors du Congrès, chaque fédération nationale sera appelée à présenter ses réalisations
concrètes.
Dans son homélie de la messe d’ouverture, le Père Kolvenbach a invité
les participants à «trouver le visage du Christ dans vos soeurs et vos frères dans le besoin extrême. Car le réfugié, le migrant, l’exclu, c’est le
Seigneur lui-même. Il faut s’attaquer aujourd’hui à un problème fondamental
qui oblige à prendre clairement position face à ce qui constitue l’essence
de notre foi chrétienne. Beaucoup refusent de se laisser déranger par les
implications sociales et financières de l’Evangile, a dénoncé le préposé
général. «En apprenant à mieux connaître les réfugiés et les démunis en
tant qu’êtres humains (…) vous deviendrez plus forts dans votre conviction qu’il faut lutter contre les préjugés basés sur des stréréotypes qui
renforcent l’ethnocentrisme récemment ravivé, la haine et la violence à
l’égard des étrangers», a conclu le Père Kolvenbach.(apic/cip/mp)



