mondiale pour mettre fin à la prostitution des enfants
Bruxelles: des associations appuient une campagne (260594)
Bruxelles, 26mai(APIC) Comment mettre fin à la prostitution des enfants,
qui s’est considérablement développée à travers le monde? En 1991, le réseau international ECPAT s’est créé en Asie pour contribuer à l’information
en la matière et pour appuyer des initiatives politiques et juridiques. Le
réseau vient de lancer une nouvelle campagne internationale. Plusieurs organisations belges, notamment, la relaient. Une responsable philippine
était récemment à Bruxelles pour souligner la gravité de la situation, mais
aussi pour attester des résultats déjà obtenus dans la lutte contre la prostitution enfantine.
Le réseau ECPAT (End Child Prostitution in Asian Tourism) rassemble à ce
jour plus de 250 organisations et personnes réparties dans une vingtaine de
pays. Au vu des résultats positifs obtenus par la lutte contre la prostitution enfantine, tant en Europe qu’en Asie, les responsables du réseau ont
décidé de lancer une nouvelle campagne de trois ans. Celle-ci est relayée
en Belgique notamment par le Bureau International Catholique de l’Enfance
(BICE), les associations Entraide et Fraternité et son homologue flamande
chargées de l’organisation du Carême de Partage, par le Mouvement du Nid,
qui s’est spécialement engagé dans l’aide aux personnes prostituées.
Invitée par le groupe porteur de l’action d’ECPAT en Belgique, Mme
Amihan Abueva, responsable du réseau aux Philippines, a montré les
différents aspects que pouvait prendre la lutte contre la prostitution des
mineurs.
Esclaves par milliers
Aux Philippines, on estimait en 1992 à 60’000 le nombre de garçons et de
filles entraînés dans la prostitution. Le chiffre a triplé depuis 1986,
suite au développement touristique qu’a connu ce pays de l’Asie du Sud-Est
à partir de la démocratisation sous la présidence de Cory Aquino.
En Thaïlande, au Sri Lanka, à Taïwan et ailleurs, des dizaines de milliers d’autres enfants attendent qu’on les délivre de «l’esclavage moderne»
de la prostitution, souligne Mme Amihan Abueva. La responsable d’ECPAT-Philippines attribue la cause de la situation tant à la pauvreté des populations asiatiques qu’à la déviance des touristes occidentaux qui se livrent
à la pédophilie loin de chez eux.
ECPAT aux Philippines
Face à l’immensité du problème, les moyens peuvent paraître dérisoires.
Mais ils existent et méritent d’être développés tant en Asie que dans les
pays occidentaux, a souligné Mme Amihan Abueva. Aux Philippines, il s’agit,
tout d’abord, d’un travail de réhabilitation des victimes. Y contribuent
les centres d’accueil, les programmes de formation professionnelle ou de
réinsertion dans le circuit traditionnel des études, et la recherche d’un
travail alternatif.
Le plus difficile, observe Mme Amihan Abueva, est l’accompagnement psychologique. «Car les enfants et les jeunes victimes de la prostitution se
sentent coupables. Ils ont perdu le respect d’eux-mêmes et ont des tendances suicidaires. Il faut les déculpabiliser, leur rendre goût à la vie,
malgré les difficultés rencontrées. C’est un défi gigantesque auxquels plusieurs groupes ont accepté de se confronter. Le succès est loin d’être garanti. Les approches sont parfois même contradictoires.»
En outre, il faut multiplier les efforts en matière de prévention. Une
des dernières lois signées par Cory Aquino permet de poursuivre les auteurs
de pédophilie, même parmi les touristes étrangers. Mais cette loi n’est même pas connue de tous les juges et est peu appliquée. ECPAT a donc lancé
une campagne de sensibilisation dans l’archipel et a entamé des négociations avec les autorités chargées de l’immigration pour que les visas accordés aux étrangers stipulent que la pédophilie est interdite et punissable. D’autres contacts, via les ambassades, visent à harmoniser les procédures entre la législation philippine et celle d’autres pays afin que les
ressortissants étrangers ne restent pas impunis s’ils ont commis des actes
délictueux aux Philippines.
Le groupe porteur de l’action d’ECPAT en Belgique et d’autres groupes
analogues Europe entendent exercer une pression semblable afin de changer
les législations nationales dans le même sens et de veiller à leur application. Différentes ambassades européennes ont déjà envoyé des représentants
en Asie du Sud-Est pour coordonner les procédures souvent très compliquées.
(apic/cip/pr)




