Un petit laboratoire de la convivialité au sein de la ville

Bruxelles: Entre chrétiens et musulmans, 20 ans de dialogue au Centre El Kalima

Bruxelles, 2 mars 1998 (APIC) A Bruxelles, une présence musulmane bien visible suscite parfois la crainte et la méfiance dans certains secteurs de la population belge. Mais c’est aussi une chance et un défi, que relève le Centre «El Kalima» – «la Parole», qui vient de fêter son 20ème anniversaire. Au centre de la métropole européenne, «El Kalima» est devenu depuis 20 ans un indispensable lieu de dialogue islamo-chrétien.

«Il n’est pas évident d’avoir une ouverture humble et disponible envers d’autres convictions philosophiques et religieuses», a relevé le cardinal Godfried Danneels au cours de la cérémonie d’anniversaire. Hommage a été rendu aux fondateurs et aux animateurs actuels du Centre par le cardinal Danneels, accompagné de Mgr Paul Lanneau, son évêque auxiliaire à Bruxelles ainsi que par Mgr Michael Fitzgerald, secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, l’abbé Vermeir, vicaire épiscopal à Bruxelles pour les communautés d’origine étrangère et M. Beyens, président de l’Exécutif des musulmans de Belgique.

Il n’y a de paix et de réconciliation véritables qu’à partir du cœur

«Le Centre El Kalima est un paradigme et un petit laboratoire de la convivialité au sein de la société et d’une grande ville. Nous avons besoin d’un tel laboratoire», a-t-il souligné. Le monde souffre de divisions, d’oppositions, de non-réconciliation, a noté l’archevêque. On fait pourtant beaucoup pour la paix et la tolérance. On multiplie les moyens et les techniques, on signe des textes. «Mais il ne saurait y avoir de paix et de réconciliation véritables qu’à partir du cœur. (…) Sans un sens spirituel de la fraternité, le monde ne connaîtra jamais la paix et la réconciliation. On peut faire beaucoup sur le plan humain pour affiner la fraternité, mais comment la reconnaître sans se découvrir fils et filles d’un même Père ? Il y a là un immense défi pour les religions monothéistes».

Un défi pour les fils d’Abraham

Et le cardinal archevêque de Malines-Bruxelles de conclure: «faire découvrir Dieu comme Père de tous les hommes, donc comme fondement ultime de la fraternité humaine. C’est un immense défi pour les fils d’Abraham : proclamer que Dieu nous a tous créés différents. Seuls les hommes fabriquent des clones. Les religions monothéistes invitent à se réjouir que les autres sont autres et à reconnaître que tous ont une dignité comme fils de Dieu. C’est une immense source d’enrichissement mutuel. Cela donne du relief à l’action du Centre El Kalima, qui en a tiré les conséquences pour devenir un point d’eau où l’on vienne boire de partout.» (apic/cip/be)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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