Bruxelles: funérailles du roi Bauduoin (080893)

«Il y a des rois qui sont plus que des rois»

Bruxelles, 8août(APIC) «Il y a des rois qui sont plus que des rois: ils

sont les bergers de leur peuple». C’est par cet hommage que le cardinal

Danneels a ouvert son homélie lors des funérailles du roi des Belges Baudouin Ier à la cathédrale de Bruxelles. Un roi dont la mort «a suscité dans

le pays une profonde émotion et une immense reconnaissance» et «a réveillé

ce qu’il y a de plus précieux dans chacun de nos coeurs. Paradoxalement,

cette semaine de deuil nous a rendus un peu meilleurs», a ajouté le cardinal.

La longue cérémonie a été marquée en outre par des témoignages, parfois

boulversants, sur quatre thèmes chers au coeur du défunt: les immigrés, le

sida, la prostitution et la traîte des femmes et enfin l’expression artisitique. Outre les évêques belges on notait parmi les concélébrants la présence de Mgr Angelo Sodano, légat personnel du pape, et de trois représentants de l’épiscopat zaïrois dont Mgr Laurent Monsengwo, président du HautConseil de la République.

Le cardinal Danneels a souligné les qualités de coeur du roi, sa «capacité d’écoute et d’empathie à peine imaginables». «On le disait mélancolique, mais cette mélancolie n’était rien d’autre que la pudeur qui accompagne toute joie intérieure et qui a sa source en Dieu. Le roi était un homme

d’une joie intérieure intense, brûlant comme le feu sous les cendres, là où

il donne le plus de chaleur». Il fut à l’exemple de David dans la Bible, le

berger de son peuple, privilégiant les petits, les pauvres, les laisséspour compte. Comme la Vierge Marie, il disait toujours ’oui’.

La souffrance qui a accompagné le roi toute sa vie, lui a donné une capacité rare de compassion. «Grâce à ses souffrances, a constaté Mgr Danneels, la paix communautaire de notre pays n’a jamais été gravement perturbée. (…) Son silence n’a-t-il pas tempéré nos violences verbales?»

«N’est-ce pas grâce à sa présence discrète et à sa ’charité politique’ que

la Belgique a pu prendre ce tournant de son histoire qu’est la fédéralisation, dans la paix, le respect, la démocratie?»

Le roi fut un modèle d’une «conscience fine, sensible, infiniment délicate, docile aux moindres injonctions morales et spirituelles». Il a toujours suivi sa conscience, «même au risque de ses intérêts personnels, ou

au risque de remettre en cause sa royauté», a indiqué le cardinal, faisant

allusion par là à son addication temporaire pour signifier son oppostion à

la légalisation de l’avortement en Belgique. Le roi fut aussi un modèle

dans la vie de couple et la vie familiale. «C’est là probablement qu’il

nous a laissé le plus précieux héritage.»

Baudoin Ier fut un homme de foi et de prière. «La prière, l’eucharistie

quotidienne, la lecture de l’Evangile, son amour pour la Vierge Marie, la

pénitence: voilà les sources secrètes qui alimentaient le fleuve de son

existence». (apic/cip/mp)

8 août 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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