Bruxelles: La présidence de la Conférence des Commissions (141093)
«Justice et Paix» d’Europe échoit pour 3 ans à la Belgique
Imposer des conditions à l’aide au développement
Bruxelles, 14octobre(APIC) Une cinquantaine de représentants des Commissions «Justice et Paix» de 17 pays se sont réunis en assemblée générale le
week-end dernier à Bruxelles. La Commission «Justice et Paix» de Belgique
francophone et son homologue flamande «Rechtvaardigheid en Vrede» se sont
vu confier pour trois ans la présidence conjointe de la Conférence européenne. La Conférence a adopté une déclaration concernant les conditions à
imposer, pour l’aide au développement, en matière de droits de l’homme et
de démocratie.
L’an dernier, à Dublin, sous la présidence irlandaise, la Conférence
avait émis une série de propositions en vue de mieux relier les conditions
imposées en matière d’aide au développement à la promotion effective des
droits de l’homme. Pendant un an, les différentes Commissions nationales
«Justice et Paix» ont eu l’occasion d’examiner et d’amender ces propositions. Elles ont finalement débouché sur une déclaration de sept pages,
dont le texte vient d’être adopté en assemblée générale par la Conférence
européenne.
Dans la déclaration adoptée le 8 octobre sont rappelés d’abord deux
principes essentiels: l’égalité fondamentale de tous les êtres humains, en
droit et en dignité, est le fondement des droits humains et le respect des
droits humains, le développement et la démocratie sont intimement liés. Le
texte montre une sensibilité européenne remarquable de la part des diverses
commissions nationales. Il souligne, en particulier l’importance de la concertation avec les Organisations Non-Gouvernementales (ONG) pour améliorer
l’aide au développement.
Le document adopté insiste aussi sur les mesures positives à prendre
pour favoriser le respect des droits de l’homme, et non seulement sur les
contraintes à imposer. Il préconise, d’ailleurs, de préférence à une réduction de l’aide au développement, des restrictions en matière économique et
financière visant principalement les personnes et les groupes responsables
des violations des droits de l’homme.
L’Europe de l’Est en voie de «tiers-mondisation»?
L’assemblée générale des Commissions «Justice et Paix» s’est poursuivie
par deux jours de travaux sur les aspects sociaux et économiques des rapports entre le Nord et le Sud et entre l’Europe de l’Est et de l’Ouest.
Dans un exposé consacré à la situation économique et sociale de l’Europe
centrale, Nicolas Bardos-Feltoronyi, professeur à l’Université catholique
de Louvain, a fortement interpellé les participants. Pour les pays de l’ancien bloc communiste, a-t-il montré, l’entrée soudaine dans l’économie de
marché a provoqué un bouleversement profond. Devant la forte dégradation de
la situation économique de ces pays, le professeur Bardos s’est demandé si
les pays de l’Est ne sont pas en train de revivre, à leur manière, les drames qu’ont connus et que connaissent encore de nombreux pays du Tiers-Monde. L’Europe de l’Est n’est-elle pas en voie de «tiers-mondisation»?
Seuls comptent la rentabilité et le profit
L’évêque d’Anvers, Mgr Paul Van den Berghe, qui a participé au récent
Symposium élargi des évêques européens à Prague, a également fait un exposé
remarqué sur la mission de l’Eglise pour une Europe plus solidaire. Lui
aussi s’est interrogé, au passage, sur les finalités mêmes de l’économie.
Il s’est étonné, en particulier, qu’à l’époque actuelle, à l’inverse d’autres périodes de l’histoire, l’on ne semble plus guère assigner à l’économie d’autres objectifs que la rentabilité ou le profit.
Pour une Europe plus sociale
La nouvelle présidence belge de la Conférence des Commissions «Justice
et Paix» a l’intention de remettre en perspective, en vue d’une prochaine
prise de position commune, les principaux enseignements qu’elle dégagera
des récentes journées d’étude à Bruxelles. Les premières propositions
devraient être soumises à un Comité de liaison en janvier prochain. Elles
porteront entre autres sur les nouvelles répartitions de la richesse, sur
la manière de construire une Europe plus sociale, sans oublier le problème
des migrations, questions qui ont été très présentes lors des récentes
journées. (apic/cip/cb)



