Bruxelles: Le cardinal Danneels souhaite une limitation des publications dans l’Eglise

«Nous sommes inondés par un perpétuel fleuve de papier»

Bruxelles, 22 décembre 2003 2003 (Apic) L’archevêque de Malines-Bruxelles, le cardinal Godfried Danneels, souhaite une limitation des publications au sein de l’Eglise, qui inonde les bureaux des évêques et des prêtres. Il revient en outre sur le ministère pétrinien. «Un abaissement du ton dans le bon sens pourrait être souhaitable. Il s’agirait de mettre l’accent sur les traits essentiels du ministère pétrinien».

Le cardinal Danneels, regrette «le perpétuel fleuve de papier» qui inonde les bureaux des évêques et des prêtres, en provenance du Vatican ou des organismes épiscopaux. «Il faudrait un moment de calme», a-t-il déclaré au mensuel italien «Trenta Giorni» du mois de décembre 2003.

«Nous sommes tous les jours inondés par des documents très longs, des instructions, des vademecum», regrette-t-il. «Une pluie de déclarations qui proviennent des dicastères romains avec un caractère d’autorité, de normes, sans qu’il y ait une coordination pour nous indiquer ce qui est important et ce qui l’est moins».

En conséquence, ajoute-t-il, «un évêque local devrait ensuite passer une bonne partie de son temps dans son propre diocèse à transmettre ces données qui proviennent du Vatican ou des organismes épiscopaux». Le cardinal suggère la mise en place d’un «moratoire sur tout cela pour favoriser une simplification. Peut-être faudrait-il dans l’Eglise un moment de calme, pour respirer un peu».

Interrogé par ailleurs sur la prépondérance de la figure du pape dans l’Eglise, l’archevêque de Malines-Bruxelles évoque «le mécanisme des médias et surtout de la télévision» qui utilisent abusivement le «zoom». «L’attention est concentrée sur une personnalité, sur un détail, le séparant du contexte». Pour le cardinal, il s’agit désormais d’une déformation de la mentalité de l’homme contemporain.

L’humilité comme antidote

«L’identification entre le rôle et la personnalité de qui le tient n’est pas une bonne chose, a-t-il encore affirmé en soulignant que «le seul antidote» est «l’humilité de la personne elle-même, ou au moins une certaine bonhomie, une aptitude à relativiser sa propre importance, à ne pas trop s’estimer». Le cardinal Danneels cite alors en exemple la personnalité de Jean XXIII qui «lorsque d’autres écrivaient un texte pour lui, commentait parfois: il ne vaut rien, j’aurais pu l’écrire ainsi moi- même».

Ajoutant encore un commentaire sur ce sujet, il souligné que, «durant le deuxième millénaire, l’Eglise a été influencée par le modèle des monarchies nationales en voie de formation. Ce qui se passera dans le troisième millénaire ne peut être programmé. Mais un abaissement du ton dans le bon sens pourrait être souhaitable. Il s’agirait de mettre l’accent sur les traits essentiels du ministère pétrinien». (apic/imedia/pr)

22 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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