Bruxelles: Les évêques de Pologne en visite au coeur de l’Europe

«L’avenir est à ceux qui cultiveront la soif de l’homme»

Bruxelles, 7 novembre 1997 (APIC) Une délégation de sept évêques et de deux prêtres polonais, conduite par le cardinal Glemp, archevêque de Varsovie et primat de Pologne, vient de passer deux jours à Bruxelles. La visite leur a permis de nouer des contacts avec divers responsables européens et de se faire une idée plus concrète des institutions de l’Union Européenne. L’enjeu : le rôle que la Pologne jouera dans l’Europe de demain.

Les évêques polonais étaient invités à Bruxelles par la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE), où siègent les évêques délégués des quinze pays membres de l’Union Européenne. Cette visite avait été préparée de longue date par la COMECE, en concertation avec les institutions de la Communauté Européenne à Bruxelles et avec les ambassades respectives de l’Union Européenne à Varsovie et de la Pologne à Bruxelles.

Pourquoi rendre visite au siège de l’Europe alors que la Pologne ne sera pas membre de l’Union Européenne avant le milieu de la prochaine décennie ? «Précisément parce que nous voulons dès à présent en savoir plus, tant pour apporter à nos fidèles un point de vue éclairé sur les enjeux européens que pour veiller à une information correcte sur l’Europe», a précisé le cardinal Glemp jeudi soir à Bruxelles. «Nous ne sommes pas venus sans rien savoir de l’Europe. Mais une chose est d’être renseigné par d’autres, autre chose est de se rendre compte par soi-même».

Le primat de Pologne, qui dressait un premier bilan de la visite en compagnie de Mgr Hendryk Musynski, archevêque de Gniezno et de Mgr Tadeusz Pieronek, secrétaire de l’épiscopat, se souvient de sa première visite, il y a 11 ans, au siège de la Communauté Européenne. Mais à l’époque, confie-t-il, «je n’avais pas grand chose à dire, sinon ce que tout le monde savait sur les relations entre l’Eglise et l’Etat en régime socialiste».

La délégation polonaise a rencontré trois commissaires européens, plusieurs hauts fonctionnaires et parlementaires européens, ainsi que le Premier ministre luxembourgeois et le président du Conseil de l’Europe.

La politique n’est pas tout

Comment les évêques polonais conçoivent-ils le rôle de l’Eglise dans l’Europe de demain ? «Certainement pas dans le sens d’une pression politique», assure le cardinal Glemp. «L’Eglise et l’Etat sont autonomes. Mais la politique n’est pas tout. Il faut éclairer les questions humaines sur un plan éthique, philosophique ou spirituel». «Nous vivons depuis des années en Pologne dans un Etat laïc, enchaîne Mgr Musynski. A ceux qui penseraient que la Pologne «risque de perdre son âme» par son entrée dans l’Union Européenne, et que celle-ci pourrait y «perdre un marché», Mgr Musynski répond: «Nous sommes déjà dans l’Europe. Mais nous adhérerons demain à un ensemble d’institutions, comme d’autres pays l’ont fait. Leur expérience nous apprend qu’ils n’ont pas perdu leur identité. Quant au risque d’une perte de marché pour l’Europe, la Pologne n’est pas si gourmande».

Danemark: Les évêques luthériens refusent le mariage de couples homosexuels

Pas de nouveau rituel pour les homosexuels

Copenhague, 7 novembre 1997 (APIC) Les évêques de l’Eglise évangélique luthérienne du Danemark ont refusé d’introduire un nouveau rituel pour la bénédiction de couples homosexuels. La Conférence épiscopale, réunie à fin octobre, a souligné la signification du mariage en tant que «plan de Dieu pour une vie commune de l’homme et de la femme».

Les évêques luthériens danois se sont cependant prononcés en faveur la reconnaissance des couples homosexuels et ont salué positivement la décision du gouvernement danois d’enregistrer les couples du même sexe. Mais il faut distinguer entre la conclusion d’un mariage et un partenariat enregistré, soulignent les évêques. Une célébration à l’église ne doit pas conduire à mettre sur un pied d’égalité les deux choses. La Conférence épiscopale renvoie à l’Ecriture Sainte et la tradition ecclésiale qui forment le fondement de sa compréhension du mariage.

Les évêques luthériens ne s’opposent cependant pas à la possibilité d’enregistrer dans l’Eglise les partenariats homosexuels. Il appartiendra alors à l’évêque de déterminer la forme d’une telle démarche.

La bénédiction à l’église de couples homosexuels a suscité un vif débat au sein de l’opinion publique danoise. L’Association des gays et lesbiennes a demandé à plusieurs reprises la création d’un nouveau rituel. «Il ne suffit pas d’accepter les homosexuels mais il faut introduire un rituel spécifique», souligne le pasteur Ivan Larsen, membre de l’association.

On compte au Danemark environ 1’500 partenariats homosexuels enregistrés pour un million de mariage dont la moitié ont été conclus à l’église. (apic/lwi/mp)

26 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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