Pour que progressent les accords d’Arusha
Bruxelles: Pax Christi International tire la sonnette d’alarme sur la situation au Burundi
Bruxelles, 29 avril 2001 (APIC) Pax Christi International vient de lancer depuis Bruxelles un appel aux parties en guerre au Burundi pour qu’elles concluent un cessez-le-feu et renoncent aux armes pour faire advenir la paix et la justice. Dans une déclaration adoptée le 23 avril par son Comité directeur, le mouvement catholique pour la paix exprime sa préoccupation face à la guerre qui se poursuit et la misère qui en résulte. Il voudrait que progressent les négociations d’Arusha pour la mise en place des institutions de transition.
La guerre qui accable le peuple du Burundi depuis huit ans et entraîne dans la misère et l’exil une bonne partie de la population, souligne Pax Christi, «est le résultat de l’exclusion sociale et politique qui caractérise la gestion des affaires publiques depuis l’accession du pays à l’indépendance en 1962». L’élite politique, explique le Comité directeur de Pax Christi, a transformé l’ethnie en outil pour conquérir le pouvoir et s’y maintenir.
«L’intégrisme ethnique, devenu idéologie, a culminé dans un cycle infernal de massacres poussé jusqu’au génocide. C’est pourquoi, construire et maintenir une paix durable au Burundi implique avant tout de s’attaquer aux racines des injustices causées par cette idéologie. La lutte armée, toujours accompagnée de destructions matérielles et de mort de victimes innocentes, ne peut conduire qu’à des victoires éphémères», souligne le mouvement.
L’Accord de paix, signé le 28 août 2000 à Arusha par les parties au conflit, est un outil qui peut aider à démarrer les reformes qui s’imposent en vue du retour a la paix, poursuit la déclaration de Pax Christi, qui met en garde contre tout retard dans sa mise en application causé par «des débats longs et futiles». Car l’accord, insiste le mouvement, «doit servir les intérêts immédiats de la population». Or, au lieu de progresser dans la mise en œuvre de cet accord, les belligérants ont intensifié leurs attaques au centre du pays. Pax Christi a donc décidé de lancer un appel pressant aux différents acteurs: «Les négociations d’Arusha n’aboutiront à rien et il faut s’attendre à de nouvelles catastrophes si les acteurs politiques burundais ne changent pas d’attitudes», précise la déclaration publiée à Bruxelles.
Appel aux belligérants et à la communauté internationale
Pax Christi se tourne d’abord vers les belligérants pour réclamer un cessez-le-feu. Il demande également à la communauté internationale d’imposer un embargo sur les armes et des sanctions contre toutes les personnes physiques et morales qui investissent dans le financement et la conduite de la guerre au Burundi. Pax Christi demande en particulier aux autorités militaires burundaises de «considérer l’opposition armée non pas comme un ennemi irréductible à abattre mais comme un interlocuteur» dans la recherche d’une paix véritable. Quant à l’opposition armée, Pax Christi l’invite à «concentrer ses préoccupations d’abord sur les négociations visant la signature immédiate d’un accord de cessez-le-feu».
Le mouvement fait appel à la solidarité internationale pour supprimer la dette burundaise et en affecter le montant à des projets urgents de prévention et de résolution pacifique des conflits, de sécurité alimentaire, de réduction du chômage et du sous-emploi, de reconstruction et de réinsertion sociale des personnes déplacées et rapatriées. Pax Christi International demande enfin à la Communauté internationale de faciliter le rapatriement volontaire des réfugiés burundais. La réussite de leur réinsertion professionnelle, ajoute le Comité directeur du mouvement, «dépendra de l’attention qui sera accordée aux principes d’équité et de justice sociale». (apic/cip/bb)



