Les parties civiles plaident la responsabilité des évêques

Bruxelles : Procès en appel de l’abbé Vanderlyn,

Bruxelles, 19 juin 1998 (APIC) Les parties civiles impliquées dans le procès en appel de l’abbé Vanderlyn, prêtre condamné à 6 ans de prison en première instance pour pédophilie, plaident à nouveau la responsabilité des évêques, supérieurs hiérarchiques du prêtre pédophile.

Le procès en appel de l’abbé André Vanderlyn, ancien curé de paroisse dans la capitale, condamné le 9 avril dernier à six ans de prison ferme pour plusieurs faits de pédophilie, s’est poursuivi le 18 juin à Bruxelles. Après avoir entendu les arguments de la défense et le réquisitoire de l’avocat général à l’audience précédente, la Cour présidée par le juge Delcour a entendu cette fois les plaidoiries pour les parties civiles.

Dès l’ouverture du procès en appel, Madame Jonckmans, avocat général, avait fait part de ses réserves sur le jugement prononcé en première instance, parce que celui-ci imputait aux évêques une responsabilité civile et condamnait ainsi solidairement le cardinal Godfried Danneels et son évêque auxiliaire, Mgr Paul Lanneau, à verser des indemnités aux victimes du prêtre insolvable.

Dans leurs plaidoiries pour la partie civile, les avocats d’une des victimes et de ses parents, ont au contraire maintenu leurs insistances sur la responsabilité civile des évêques.

Les avocats pour la partie civile se sont appuyés sur plusieurs faits pour présumer que les abus commis par l’abbé Vanderlyn étaient connus de sa hiérarchie et pour en déduire que des mesures d’autorité et de surveillance étaient possibles. Au milieu des années 70, en effet, ont-ils relevé, le doyen de Bruxelles avait déjà été mis au courant d’une relation homosexuelle de l’abbé Vanderlyn. Le 9 septembre 1996, une psychologue qui avait traité l’ancien curé de Saint-Gilles affirme avoir parlé du prêtre avec Mgr Lanneau, mais l’évêque, qui n’en a pas tiré d’information précise, «n’a rien voulu entendre», a commenté jeudi l’avocat.

L’avocat a encore mis en cause «la légèreté et l’aveuglement» de Mgr Lanneau, qui n’a pas fait un rapport écrit au cardinal Danneels. Pour lui, le cardinal Danneels et Mgr Lanneau avaient parfaitement la possibilité de suivre de près l’abbé Vanderlyn. La prochaine audience est fixée au 24 juin 98. (apic/cip/pr)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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