Niveau le plus bas depuis 40 ans

Bruxelles: Rapport alarmant des ONG sur l’aide au développement

Berne, 29 octobre 1998 (APIC) L’aide des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a atteint son niveau le plus bas depuis 40 ans et cela ne peut plus être justifié par les déficits budgétaires. Avec la crise financière, les capitaux privés fuient les pays en développement. La moitié de la population mondiale se retrouve avec moins de trois francs suisses par jour. Tel est le constat d’un rapport sur l’aide au développement, «The Reality of AID», publié jeudi à Bruxelles par les organisations non gouvernementales (ONG).

L’aide au développement des pays les plus riches du monde est passé de 77,5 milliards de francs suisses en 1996 à 66,6 milliards en 1997, soit une baisse de plus de 14%. Cette tendance ne peut pas s’expliquer par les déficits budgétaires des pays membres de l’OCDE. Ceux-ci ont en effet été réduits à 1,3% du produit national brut (PNB) en 1997 contre 4,3% en 1993.

Ce n’est pas l’argent qui manque, mais la volonté politique

Le Nord a de l’argent mais il préfère le dépenser pour préserver ses propres intérêts économiques. Ainsi, la communauté internationale a pu, selon les œuvres d’entraide, débloquer près de 80 milliards de francs suisses pour aider la Corée du Sud, en pleine crise financière, à rembourser… ses créanciers étrangers. C’est plus que l’ensemble des fonds, 66,6 milliards, que ces mêmes pays sont prêts à accorder à l’aide au développement.

Les ONG estiment encore plus grave le fait que les pays de l’OCDE donnent de moins en moins à ceux qui en ont le plus besoin. La plus grande baisse touche l’Afrique (moins 18%) et seul 1/5 de l’aide va aux pays les plus pauvres. Or selon les Nations Unies, il suffirait de 56 milliards supplémentaires pendant 10 ans pour que tous les habitants du Sud aient accès aux services sociaux de base. «Plus qu’un manque d’argent, c’est la volonté politique qui fait obstacle à l’éradication de la pauvreté», relève le rapport des ONG.

L’aide de la Suisse ne fait pas exception

La Communauté de travail «Swissaid», «Action de Carême»,«Pain pour le prochain» et «Helvetas», chargéée du chapitre consacré à la Suisse, constate que l’aide octroyée par le gouvernement à Berne ne fait pas exception. Elle ne représente que 0,32% du PNB contre 0,34% en 1994. Et le budget de la coopération au développement a été proportionnellement plus touché que d’autres secteurs.

En 5 ans, les coupes ont contribué pour plus de 1,6 milliard à l’assainissement des finances fédérales. Une politique qui ne reflète pas l’opinion de la population. Celle-ci verse en effet chaque année 225,6 millions de francs à des organisations privées. Avec 32 francs par personne, les suisses sont les plus généreux des pays de l’OCDE, juste après le Luxembourg. (apic/com/ab)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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