La justice sociale nécessaire pour raviver les économies

Bruxelles: Réunion au somment entre leaders religieux et représentants de l’UE

Bruxelles, 12 mai 2009 (Apic) La justice sociale est nécessaire pour raviver les économies, ont affirmé des responsables religieux, lors d’une réunion tenue le 11 mai à Bruxelles avec d’importants représentants de l’Union européenne (UE). Des responsables chrétiens, juifs et musulmans ont en effet estimé que la justice sociale devait être au coeur des efforts visant à revitaliser les économies menacées par la crise financière mondiale.

«Les gens ne font plus confiance à un système principalement fondé sur le profit individuel», a déclaré le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Conférence des Eglises européennes (KEK). «La crise actuelle est une crise éthique, dans laquelle les Eglises et les communautés religieuses doivent mettre en lumière les valeurs éthiques telles que la dignité humaine, la liberté accompagnée de responsabilités, la solidarité et la durabilité.»

Le 11 mai, plus d’une vingtaine de responsables religieux ont rencontré José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, la branche exécutive de l’UE, et Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen. Il s’agissait de la cinquième réunion annuelle des chefs des institutions européennes avec les leaders religieux. Cette année, la réunion portait essentiellement sur la crise économique et financière et l’apport de l’éthique dans la gouvernance économique au niveau européen et mondial.

«Si nous ne parvenons pas à mettre en place des politiques qui visent à mettre en valeur les talents des plus vulnérables, les marginalisés se retrouveront, à l’issue de la récession, encore plus marginalisés et la société s’en trouvera encore plus fragilisée», a déclaré l’archevêque catholique de Dublin, Mgr Diarmuid Martin.

L’évêque Wolfgang Huber, le plus important responsable protestant d’Allemagne, a exhorté les responsables de l’Union à prendre davantage en considération la responsabilité envers les générations futures lorsqu’ils envisagent des mesures pour lutter contre la crise économique et financière. Il faisait référence à l’accumulation des dettes résultant de l’action visant à contrer la crise. «Les mesures actuelles prises pour résorber la crise doivent être centrées sur le critère de la durabilité», a indiqué l’évêque Huber.

De son coté, José Manuel Barroso a estimé qu’au fur et à mesure que la crise progresse, «on perçoit de plus en plus clairement que le moment est venu de réconcilier la gouvernance économique et les valeurs éthiques fondamentales sur lesquelles repose le projet européen depuis cinquante ans maintenant».

Parmi les autres responsables religieux présents à la réunion, on notait les présences de l’évêque Adrianus van Luyn, de la Commission des épiscopats (catholiques) de la Communauté européenne (COMECE), l’imam Wanis Mabrook, président de l’Assemblée européenne des imams, et le rabbin Levi Matusof, du Centre rabbinique européen.

«La crise économique actuelle révèle une crise spirituelle et une fausse hiérarchie des valeurs», a conclu Mgr van Luyn. (apic/eni/pr)

12 mai 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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