L’Union européenne devant le défi du terrorisme

Bruxelles: Séance plénière d’automne de la COMECE

Bruxelles, 23 novembre 2001 (APIC) La Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) a tenu sa session plénière d’automne à Bruxelles, les 22 et 23 novembre. Elle a rassemblé des délégués des Conférences épiscopales catholiques des Etats membres de l’Union européenne, ainsi que des observateurs de certains pays candidats à l’adhésion. Le thème principal de la session était ” l’UE devant le défi du terrorisme».

A la suite des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, le Comité exécutif de la COMECE a publié une déclaration intitulée «Un appel à la justice.» Lors de la réunion plénière, les évêques ont discuté des implications à long terme pour l’Union européenne des attentats terroristes. La rencontre a vu la participation d’António Vitorino, commissaire européen chargé de la Justice et des Affaires intérieures, du général Philippe Morillon, membre du Parlement européen, et de Christoph Heusgen, directeur de l’Unité de planification de la politique et d’alerte rapide du Conseil de l’Union européenne.

Equilibrer la liberté, la sécurité et la justice

Les évêques ont été informés des mesures destinées à combattre le terrorisme proposées par la Commission européenne. Une définition commune du terrorisme et l’introduction d’un mandat d’arrêt européen devraient être acceptées par les ministres européens de la Justice et des Affaires intérieures les 6 et 7 décembre 2001.

Promouvoir le dialogue interreligieux

La COMECE a salué le fait que l’Union européenne rejette tout amalgame entre des groupes terroristes fanatiques et le monde arabe et musulman Elle demande instamment à la Commission européenne et à la future présidence espagnole de mettre en oeuvre l’appel du Conseil européen de Gand du 19 octobre pour «un dialogue d’égal à égal entre nos civilisations, notamment dans le cadre du processus de Barcelone mais également par une politique active d’échanges culturels».

Les évêques soulignent qu’un vrai échange entre les cultures et les civilisations doit inclure un dialogue entre les religions, qui implique davantage que la tolérance religieuse.

S’attaquer aux racines profondes du terrorisme

La liberté et l’indépendance dont jouit l’Europe ne sont pas partagées par tout le monde, et l’absence de moyens d’expression démocratiques peut entraîner l’extrémisme fanatique, souligne la COMECE. L’inégalité matérielle, dans un monde où 20 % des personnes contrôlent 80 % des richesses peut aussi être un terrain propice pour le terrorisme. C’est pourquoi les évêques européens demandent à l’Union européenne de redoubler d’efforts pour réduire la pauvreté, promouvoir la démocratie, les droits de l’homme et l’état de droit, et contribuer à établir un ordre mondial plus juste. Un rapport de la COMECE préparé par un groupe d’experts internationaux intitulé «La Gouvernance mondiale; notre responsabilité pour faire de la globalisation une opportunité pour tous» a été publié le 24 octobre.

Les évêques demandent enfin à l’UE d’assumer ses responsabilités dans des régions apparemment oubliées par les mass médias comme l’Angola ou le Soudan, où des conflits de longue date sont aggravés par l’exploitation des ressources naturelles, dans laquelle des compagnies ayant leur siège en Europe sont parfois impliquées. (apic/com/at)

23 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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