Bucarest: Plus de 200’000 personnes assistent à la messe célébrée par le pape
Dernier acte d’une visite pleine «de signes»
De notre envoyée spéciale à Bucarest, Carole Boüan
Bucarest, 10 mai 1999 (APIC) Plus de 200’000 personnes ont participé le 9 mai 1999 à la messe en rite latin célébrée en plein air, dans un parc public de Bucarest par Jean Paul II, en présence du clergé catholique roumain, et du patriarche orthodoxe Teoctist.
Beaucoup de catholiques des deux rites avaient voyagé pendant la nui, pour arriver à Bucarest dans des cars et des trains spéciaux, – 32 trains avaient été prévus -, provenant surtout de la Transylvanie et de la Moldavie.
«Jusqu’à peu, il était impensable que l’évêque de Rome puisse rendre visite aux frères et aux soeurs dans la foi demeurant en Roumanie», a souligné Jean Paul II en s’adressant aux catholiques. Centrant son message sur la nécessité de l’unité entre les chrétiens, le pape a fait remarquer qu’à la fin du deuxième millénaire, les «sentiers qui s’étaient séparés commencent à s’approcher», et que des «signes» de la progression vers l’unité sont présents également en Roumanie.
«Aujourd’hui, au seuil du troisième millénaire, n’ayez pas peur: ouvrez les portes de votre coeur au Christ Sauveur». «Soyez toujours ouverts à une collaboration effective avec tous les groupes ethnico-sociaux et religieux qui composent votre pays», a également demandé Jean Paul II.
Prenant également la parole face aux catholiques, le patriarche Teoctist a souligné la «joie» d’avoir participé à la messe célébrée par le pape, sans omettre de rappeler les «obstacles» subsistant sur le «chemin de l’unité plénière dans la foi». Faisant remarquer que l’Eglise de Roumanie est une des Eglises orthodoxes des plus actives dans le mouvement oecuménique, le patriarche a cependant évoqué les «tentatives de prosélytisme», qui «ne font qu’envenimer les relations entre les Eglises», et qui «produisent l’animosité et l’inimité entre les hommes». «Des divergences isolées existent chez nous comme partout», a-t-il ajouté, «mais la détermination pour l’harmonie est ferme et constante».
A l’issue de la messe, Jean Paul II et le patriarche ont béni ensemble la foule des catholiques, avant que le pape ne rejoigne l’aéroport de Bucarest pour prendre congé des Roumains. Son dernier mot, après avoir décrit son séjour comme «des jours d’émotion profonde», devaient être adressés aux jeunes. «J’aurais voulu vous rencontrer personnellement», leur a dit Jean-Paul II. «Malheureusement, cela n’a pas été possible. «Vous qui vous êtes libérés du cauchemar de la dictature communiste, ne vous laissez pas tromper par les rêves faux et dangereux du consumérisme», a-t-il conclu, en les invitant à construire la Roumanie «avec audace», pour en faire «une terre où l’Orient et l’Occident puissent se rencontrer avec fraternité». (apic/imed/pr)



