Des groupes ultranationalistes attisent la haine
Bulgarie: Controverses autour du foulard et d’une mosquée en Bulgarie
Sofia,18 juillet 2006 (Apic) La Commission de protection contre la discrimination, en Bulgarie, a été saisie pour trancher le cas de deux élèves musulmanes à qui l’on a interdit de porter le foulard islamique traditionnel en classe. Des groupes ultranationalistes cherchent à encourager les sentiments anti-musulmans.
L’incident est le premier du genre en Bulgarie, où les musulmans constituent environ 12 % des 7,4 millions d’habitants du pays et où 83 % des habitants appartiennent à l’Eglise orthodoxe bulgare.
Fatme Kehayova et Mihaela Vassileva, qui étudient au lycée économique de la ville de Smolyan, dans le sud-est du pays, ont été interdites de porter le foulard mais ont refusé de se soumettre à la décision. L’école a reçu le soutien du ministre de l’Education nationale, Daniel Vulchev, qui a argué que la Bulgarie est un état laïc.
L’Organisation pour le développement et la culture islamiques de la ville a porté l’affaire devant la Commission, arguant que le règlement de l’école contrevenait à une décision rendue par le ministère de l’éducation ainsi qu’à la constitution bulgare, qui garantit la liberté de culte.
La direction de l’école a déclaré que les deux élèves violaient le règlement sur l’uniforme scolaire et créaient des tensions à l’école.
Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la Bulgarie faisait partie de l’Empire ottoman, dirigé par les musulmans, et pendant la période communiste, après la seconde guerre mondiale, elle était officiellement un Etat athée. Les leaders bulgares, notamment le président Georgi Purvanov et le Premier ministre Sergei Stanishev ont par la suite insisté sur la tolérance ethnique et religieuse de leur pays.
Appel à «prier moins fort»
Certains politiciens craignent que des groupes ultranationalistes comme Ataka (Attaque), qui a obtenu des sièges au parlement en 2005, cherchent à encourager les sentiments anti-musulmans.
Par ailleurs, le maire de Sofia, Boiko Borissov, a écrit à Mustafa Alish, grand mufti de la communauté musulmane de Bulgarie, pour lui demander de baisser le volume des appels à la prière diffusés depuis les haut-parleurs d’une mosquée du centre ville. Boiko Borissov a déclaré qu’il agissait sur la base de plaintes et qu’il s’appuyait sur la base de règlements municipaux concernant la pollution sonore. Selon les médias bulgares en date du 12 juillet, les appels à la prière des mosquées ont été l’objet d’une pétition lancée à l’initiative d’Ataka. (apic/eni/pr)




