Bulgarie: L’Etat réhabilite le Bienheureux Eugen Bossilkov

«Une véritable exonération morale»

Sofia, 10 juin 1999 (APIC) Un décret de la Cour d’appel suprême bulgare vient d’annuler, pour cause de «violation éclatante» des procédures judiciaires et par manque de preuves, la sentence de mort prononcée à l’encontre du Bienheureux Eugen Bossilkov, exécuté en 1952 par le gouvernement communiste bulgare de l’époque.

«Le verdict est une véritable exonération morale, a indiqué le vicaire général de l’Exarcat apostolique de Sofia (rite byzantin catholique), Mgr Blagovest Vanghelov. Même si cette réhabilitation est strictement une affaire d’Etat, elle n’en est pas moins importante pour l’Eglise».

Né en 1900, Eugen Bossilkov a été prêtre passioniste avant d’être nommé évêque de Nikopol, en 1947, l’année où les Bulgares se sont vu imposer une constitution communiste. En juillet 1952, il fut arrêté en compagnie de 27 autres prêtres, accusé d’atteintes à la sécurité de l’Etat pour divulgation de «secrets économiques, politiques, et militaires au Vatican ainsi qu’aux services de renseignements de puissances impérialistes dont la France». Il fut exécuté en novembre de la même année.

Mgr Bossilkov a été béatifié en 1988, et c’est à ce moment-là que le procureur général de Bulgarie entama une procédure «d’exonération post-mortem». «Les seuls ’crimes’ commis par l’évêque sont d’avoir indiqué à des diplomates étrangers le nombre de voix gagnées par l’opposition dans les villages catholiques, a noté le procureur général dans le compte rendu de la Cour suprême. En aucun cas ces informations n’ont pu être des secrets d’Etat dans la mesure où elles avaient été publiées dans les médias bulgares. En fait, la sentence de mort a été prononcée contre Mgr Bossilkov seulement en raison de ses convictions religieuses». (apic/cip/pr)

10 juin 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!