Bulgarie: Le conflit rebondit entre le Patriarcat oecuménique et l’Eglise de Grèce

Evêques dans les «nouveaux territoires» nommés par la Grèce

Sofia, Bulgarie, le 17 mai 2004 (Apic) Le gouvernement grec a signé un décret approuvant la nomination des évêques de l’Eglise (orthodoxe) de Grèce dans les diocèses du nord de la Grèce, au centre d’un conflit avec le Patriarcat oecuménique de Constantinople, dont le siège est à Istanbul.

Le gouvernement grec a approuvé la nomination des évêques de l’Eglise (orthodoxe) de Grèce dans les diocèses du nord de la Grèce, rallumant le conflit avec le Patriarcat oecuménique. La ratification des nominations par le gouvernement grec, le lundi 10 mai, va à l’encontre de la volonté du Patriarcat oecuménique et n’a pu être stoppée par les navettes diplomatiques entre Athènes et Istanbul, effectuées par le ministre de l’Education et des Affaires religieuses de Grèce, Mariette Giannakou.

Le patriarche oecuménique Bartholomée, le «premier parmi ses pairs» dans la hiérarchie mondiale de l’Eglise orthodoxe, avait annoncé en avril qu’il suspendait les relations avec le responsable de l’Eglise grecque, l’archevêque Christodoulos, dans le cadre de ce conflit. Le désaccord concernait la nomination des évêques dans les «nouveaux territoires» au nord de la Grèce qui, auparavant sous contrôle de l’Empire ottoman, ont été incorporés à la Grèce en 1912.

Les deux responsables religieux revendiquent le droit d’approuver la nomination des évêques et, en avril, l’Eglise grecque a procédé à l’élection de trois évêques pour pourvoir des diocèses vacants dans la région, sans demander l’approbation du patriarche Bartholomée. Les nominations devaient obtenir la ratification du gouvernement grec pour entrer en vigueur, ce qui a été fait.

Un conflit «amer et sans précédent»

Selon le journal grec de langue anglaise Kathimerini, «les évêques doivent être installés dans les 30 jours, ce qui laisse une certaine place à la médiation dans ce conflit», qualifié d’»amer et sans précédent.»

L’Eglise grecque quant à elle reste divisée sur cette question, et plusieurs évêques auraient voté contre ces nominations. La semaine dernière, quatre métropolites des territoires contestés n’ont pas participé à la rencontre du Synode de l’Eglise grecque et le Synode a réagi en les avertissant qu’ils

pourraient être remplacés.

Le conflit entre Athènes et Constantinople (Istanbul) a entraîné des répercussions à travers le monde orthodoxe. Selon l’agence internationale oecuménique ENI, l’archevêque Demetrios, responsable de l’archidiocèse grec- orthodoxe d’Amérique, aurait déclaré, lors de la réunion, convoquée par le patriarche Bartholomée et ayant approuvé la suspension des relations avec l’Eglise grecque, qu’il désapprouvait une telle mesure.

Selon le quotidien «The National Herald», qui se considère au service de la communauté grecque américaine, l’archevêque Demetrios, dont l’appel n’a pas été entendu, aurait tenté en vain d’adoucir le langage utilisé. «Comment vais-je retourner en Amérique et regarder nos fidèles dans les yeux», aurait dit l’archevêque Demetrios. En effet, «la majorité des membres de l’Eglise d’Amérique sont originaires de Grèce.»

Par ailleurs, le patriarche Alexis II de l’Eglise orthodoxe russe, et le métropolite Kirill, chargé des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, auraient offert indirectement leur soutien à l’archevêque Christodoulos en le félicitant pour l’anniversaire de son installation. (apic/eni/vb)

17 mai 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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