L’assassin du Père Digiovambattista encoure la peine de mort

Burkina Faso: Des missionnaires demandent la clémence pour l’assassin d’un prêtre

Ouagadougou 12 juillet 2002 (APIC) Des missionnaires en place au Burkina Faso demandent la clémence pour l’assassin du Père Celestino Digiovambattista, tué le 15 octobre à Ougadougou alors qu’il rendait visite à des détenus dans une prison de la capitale du Bourkina Faso. Son assassin encoure la peine de mort.

Le père Digiovambattista était aumônier de l’hôpital civil et des prisons de la capitale. Il a été agressé à l’intérieur de la prison dans laquelle il s’était rendu, par un jeune souffrant d’un déséquilibre mental.

Le procès est actuellement en cours mais d’après les actes il semble que le juge n’ait pas l’intention de tenir compte du handicap mental de l’assassin. Les actes précisent en outre que l’auteur du crime a été pris en flagrant délit, ce qui aggrave encore énormément son cas. Selon la loi en vigueur au Burkina Faso, il pourrait être condamné à mort.

«Nous ne voulons pas que l’accusé soit condamné à la peine capitale, déclare le père Salvatore Pignatelli, responsable du Centre médical Saint Camille à Ouagadougou. En tant que chrétiens, nous ne pouvons pas accepter cela. Et d’ailleurs, Célestin, mon frère de congrégation, a pardonné à son assassin quand il était sur le point de mourir. Il faut aussi tenir compte du pardon, aussi bien de celui de la famille naturelle de la victime que de celui de la famille religieuse».

Déclarations douteuses

La famille de la victime et les religieux camilliens ont décidé de ne pas se constituer partie civile. Les causes du geste de folie de l’assassin sont encore à éclaircir. Au cours des interrogatoires, l’assassin aurait déclaré qu’il avait attaqué le prêtre car il lui rappelait les «blancs» colonialistes et qu’il suscitait en lui la haine pour l’oppression des européens. Une déclaration peut-être suggérée par un avocat de la défense dans le but d’offrir un mobile «politique» à l’acte de violence contre le religieux italien.

Les pauvres de Ouagadougou estimaient beaucoup le père Digiovambattista. Le religieux camillien, né à Massa d’Albe (Italie) en 1934, travaillait au Burkina Faso depuis 1972. (apic/zn/pr)

12 juillet 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!