Les traditions locales en question
Burkina Faso: Fillettes contraintes au mariage
Ouagadougou, 20 juillet 2004 (Apic) Les soeurs de l’Immaculée conception de Uizia, au Burkina Faso, dénoncent les mariages forcés imposés aux jeunes filles et fillettes. «Avec l’excuse des traditions locales, on organise des mariages sans le consentement de la jeune fille, qui ont force légale», déclarent les soeurs, qui accueillent les jeunes victimes de ces pratiques .
Soeur Esther Marie Judith, de l’Association pour les droits des femmes de la maison des Soeurs de l’Immaculée Conception à Uizia, au Burkina Faso, a déclaré à la télévision italienne qu’»avec l’excuse des traditions locales, on fait des mariages sans le consentement de la jeune fille, et ces mariage ont force légale»
La maison des Soeurs de l’Immaculée Conception à Uizia accueille les victimes de mariages forcés. Pour sa part, Soeur Kantyono Euphrasie, membre de l’association fondée par les religieuses pour défendre les droits des femmes, affirme ce qui suit: «Les jeunes filles qui viennent chez nous fuient un mariage forcé, en surmontant des difficultés inénarrables et souvent insurmontable».
On achète les femmes, comme moyen d’échange
Au Burkina on achète une femme comme épouse. Pour acheter une épouse, expliquent des observateurs qui enquêtent sur le phénomène du mariage forcé au Burkina Faso, «il suffit d’un panier de cola, d’une drogue que l’on mastique, ou d’une chèvre. On donne la fille comme épouse seulement parce qu’un chef de tribu veut avoir de bons rapports avec un autre». Il arrive ainsi qu’une fillette de 12 ans soit donnée à un homme de 60 ans. «Les fillettes n’ont plus qu’à chercher à fuir par tous les moyens devant l’ horreur à laquelle on les contraint». Les lois du Burkina punissent ces usages mais, dans la pratique, il est difficile de les faire observer», dénonce soeur Euphrasie «C’est un esclavage contre lequel nous devons tous lutter pour l’émancipation non seulement des femmes, mais aussi de l’Afrique».
Le témoignage de Marie
Marie, l’une des victimes du mariage forcé au Burkina Faso, indique dans son témoignage, recueilli par soeur Euphrasie, que ses parents l’ont confiée à une tante qui a organisé son mariage quand elle avait seulement 10 ans. Mais à 15 ans, on l’a donnée à un autre mari, en Côte-d’Ivoire. Marie s’est alors enfuie et est retournée dans son village, chez ses parents. Ils n’ont pas voulu de leur fille. Après s’être cachée pendant un mois, elle a été retrouvée et battue. Finalement, on l’a renvoyée chez le premier mari. Ce dernier était tombé malade, il s’est désintéressé de la jeune fille. Entendant parler des soeurs d’Uizia au cours de catéchisme, elle s’enfuit, de nuit. Aujourd’hui la fugitive est toujours hébergée par les religieuses. Depuis quelque temps, ses maris respectifs ne viennent plus la réclamer, parce que les religieuses ont recouru à la loi pour la défendre, a encore précisé soeur Euphrasie
D’autres cas de jeunes filles vendues au Burkina sont courants. En outre, souvent, ces fillettes promises ou vendues à un mari contre leur gré, ont subi des mutilation génitales dans leur enfance. (apic/fides/dia/vb)



