Propos rejetés par le collectif contre l’impunité

Burkina-Faso: Le président Compaoré demande pardon pour les crimes et les tortures

Ouagadougou, 1er avril 2001 (APIC) Blaise Compaoré, président du Burkina-Faso, a présenté les excuses officielles de l’Etat à toutes les victimes de la raison d’Etat et à leurs familles. Le chef de l’Etat qui intervenait devant plus de trente mille personnes rassemblées dans un stade de la ville de Ouagadougou, à l’occasion de la Journée nationale du Pardon (JNP), le 30 mars dernier, a parlé de «profonds regrets» pour les 176 crimes politiques, tortures et injustices commises, au nom du pouvoir, depuis 1960 dans le pays.

Le président Compaoré a pris l’engagement «ferme et solennel» de dédommager les victimes, grâce à un fonds national qui sera mis en place prochainement en faveur de toutes les familles victimes de bavures. Pour celles d’entre elles qui ont perdu la vie, des monuments seront construites à leurs mémoires, alors que la JNP sera désormais instituée comme une journée du souvenir, de la promotion des droits de l’homme et de la démocratie au Burkina-Faso, a ajouté le président Compaoré.

«Nous exprimons nos profonds regrets pour les tortures, les crimes, les injustices, les brimades et tous les autres torts commis sur des Burkinabés par d’autres Burkinabés, au nom et sous le couvert de l’Etat», a-t-il enfin déclaré.

Rejet et méfiance

Ces propos et propositions ont été immédiatement rejetés par le collectif contre l’Impunité (CCI), constitué d’associations, d’organisations de la société civile, de syndicats, de partis politiques de l’opposition. Son président Halidou Ouédraogo a déclaré que le président Compaoré et le régime sont en réalité en train d’accorder l’impunité aux «commanditaires, aux bourreaux et aux assassins» qui ont endeuillé le pays.

La JNP a été organisée pour permettre une réconciliation entre le pouvoir et les citoyens. Elle a été contestée par de nombreux Burkinabés. L’Eglise s’est montrée réservée, estimant qu’il n’y a pas de pardon sans justice, alors que la famille du capitaine Thomas Sankara, chef de l’Etat tué dans un coup d’Etat, lors de la prise du pouvoir de Blaise Compaoré en octobre 1987, a refusé de s’y associer. (apic/ibc/bb)

1 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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