Cinq personnes emprisonnées pour avoir excisé des fillettes

Burkina-Faso : Lutte contre l’excision

Ougadougou, 3 février 1999 (APIC) Deux femmes spécialisées dans la pratique de l’excision et trois de leurs complices ont été arrêtés et emprisonnés la semaine dernière à Ouagadougou. Malgré une stricte interdiction assortie de lourdes peines de prison, l’excision continue à être très répandue au Burkina Faso.

Les cinq personnes arrêtées sont accusées d’avoir excisé ou fait exciser cinq fillettes âgées de trois à cinq ans dans un village de l’intérieur du pays. Les gosses ont subi l’ablation du clitoris sur décision de leurs parents et des anciens de la localité.

L’excision est interdite au Burkina-Faso. La loi prévoit des peines d’emprisonnement de six mois a trois ans, assorties d’amendes, contre les auteurs de mutilations génitales. En cas de décès de la victime, les dispositions pénales sont aggravées par une condamnation à la prison de cinq a dix ans. Des sanctions sont aussi prévues à l’encontre de toute personne qui, ayant pris connaissance de l’excision, ne l’ont pas dénoncée auprès des autorités.

Les procès pour excision sont monnaie courante au Burkina-Faso. En 1997, onze jugements impliquant trente personnes ont eu lieu. Deux filles excisées sont mortes des suites de cette pratique dans la même année.

Très répandue dans le pays, l’excision touche toutes les zones culturelles. Les mutilations sexuelles sont pratiquées sur les filles âgées de 0 a 7 ans. Malgré la pénalisation de cet acte, les mentalités évoluent lentement. En 1985, une enquête officielle avait révélé que 70% des femmes du Burkina-Faso étaient excisées. Une autre étude menée 11 ans plus tard, en 1996, a fait ressortir que 66% des femmes burkinabé sont encore touchées par cette pratique.

Les autorités affichent depuis quelques années, une volonté de combattre le phénomène. Un Comité national de lutte contre l’excision (CNLE) doté d’un service d’écoute téléphonique baptisé «SOS-Excision» a été mis sur pied. (apic/ibc/mp)

3 février 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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