Les oulémas burkinabés craignaient de voir la fermeture de certaines mosquées (Photo: Carsten ten Brink/Flickr/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-NC-ND 2.0</a>)
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Les oulémas burkinabés craignaient de voir la fermeture de certaines mosquées (Photo: Carsten ten Brink/Flickr/CC BY-NC-ND 2.0)

Burkina Faso: retrait d'un projet de loi controversé sur les libertés religieuses

11.01.2017 par Ibrahima Cissé, correspondant de cath.ch en Afrique

Le gouvernement du Burkina Faso a retiré de l’Assemblée nationale un projet de loi controversé sur l’exercice des libertés religieuses. Le texte avait suscité de virulentes protestations dans les médias et sur les réseaux sociaux, rapporte le 10 janvier 2017 le quotidien burkinabé L’Observateur du Paalga.

Des voix se sont principalement élevées du côté des représentants de la communauté islamique du pays. Le Conseil des oulémas (sages musulmans) du Burkina Faso s’est réuni le 7 janvier pour discuter de la question. Le groupe a émis toute une série de réserves quant aux atteintes à la liberté religieuse qui pourraient résulter de l’entrée en vigueur de la législation proposée.

Les oulémas ont notamment interrogé l’article stipulant que “l’exercice collectif du culte a lieu exclusivement dans des édifices destinés à l’exercice du culte public, et identifiables de l’extérieur”. Les sages musulmans se sont ainsi interrogés sur les petits rassemblements de prière, par exemple au bord des routes ou dans les gares. Ils ont aussi demandé si un édifice de prière non identifiable de l’extérieur serait frappé d’interdiction.

Plus de boubous ou de voiles?

La Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) a, de son côté, réclamé plus de précisions au sujet des libertés religieuses dans le cadre éducatif. Le projet de loi prévoit en effet que les membres du personnel des établissements publics d’enseignement sont libres de leurs opinions religieuses et de leurs croyances, “mais ne peuvent les manifester qu’en dehors du service”. La FAIB a craint que les  enseignants musulmans ne puissent plus prier à l’école, hors des salles de classe, porter le boubou, le bonnet ou le voile.

Concertations approfondies

Au sujet de l’article 14, qui conditionne l’ouverture des lieux de prières, à l’obtention préalable d’un certificat de conformité du  maire, les responsables islamiques se sont déclarés préoccupés que de nombreuses mosquées à travers  le pays ne tombent dans l’illégalité.

Face à la vague de protestations, le ministre en charge des cultes, Simon Compaoré, a décidé de retirer le projet de loi. Dans son communiqué du 10 janvier, l’élu a indiqué que le texte avait été retiré “afin d’approfondir les concertations avec tous les acteurs concernés” pour aboutir à un projet de loi “consensuel, gage de paix et de stabilité sociale”. (cath.ch/ibc/ag/rz)


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