Obsèques mercredi à Bujumbura

Burundi: Assassinat du nonce: armée régulière et FNL se rejettent la faute

Bujumbura, 31 décembre 2003 (Apic) Les rebelles burundais des Forces nationales de libération (FNL) et l’armée régulière burundaise se rejettent mutuellement la responsabilité dans l’attaque qui a coûté lundi la vie à Mgr Michael Courtney, nonce apostolique. Les FNL ont réaffirmé mardi soir leur «innocence» au sujet de la mort du nonce apostolique mortellement blessé dans une embuscade au sud-ouest de Bujumbura.

Les FNL, dernier mouvement rebelle encore en guerre contre le gouvernement de transition, ont été accusés d’avoir organisé cette embuscade par l’armée burundaise et par le président de la Conférence des évêques du Burundi, Mgr Simon Ntamwana.

«Nous réaffirmons notre innocence dans cette histoire et nous demandons une enquête impartiale », a déclaré à l’Agence France presse le porte-parole des FNL, Pasteur Habimana, joint au téléphone.

Selon lui, l’armée a organisé cette embuscade. Une affirmation déjà exprimée lundi. A propos de l’accusation lancée par le président de la Conférence des évêques du Burundi, Mgr Simon Ntamwana, selon qui les FNL sont responsables, Habimana relève que «c’est une honte, Mgr Ntamwana est fâché contre nous car nous avons refusé sa présence lors des discussions de Nairobi». Des entretiens entre des rebelles des FNL et une délégation gouvernementale, tenue sans succès fin novembre dans la capitale du Kenya.

Le président de la conférence des évêques du Burundi avait accusé nommément mardi les Forces nationales de libération (FNL), d’avoir «exécuté» Mgr Michael Courtney. «De la façon dont il a été exécuté, et je parle bien d’une vraie exécution, on voit que Mgr Courtney était recherché», a déclaré Mgr Simon Ntamwana, archevêque de Gitega, à l’issue d’une réunion avec le nonce apostolique en Ouganda, Mgr Pierre Christophe, arrivé dans la matinée de Kampala.

Une «Leçon» pour les Burundais

Sur le terrain des hommages, les déclarations continuent à affluer. «La mort de Mgr Michael Courtney doit être une «leçon» pour que les Burundais en finissent définitivement avec la guerre», a déclaré mardi à Bujumbura Pierre Nkurunziza, ancien chef rebelle devenu ministre d’Etat. «Nous regrettons très profondément la mort de Mgr Courtney. C’est un homme de paix qui a contribué énormément aux négociations interburundaises qui vient d’être tué sauvagement», a également déclaré mardi le président de l’Assemblée nationale burundaise, Jean Minani. Ce dernier a demandé au gouvernement de tout mettre en oeuvre pour arrêter ses assassins.

Dans leur ensemble, les partis politiques burundais ont condamné l’assassinat du nonce.

Un «diplomate exceptionnel»

Hommage encore, du ministre irlandais des Affaires étrangères Brian Cowen, qui a qualifié de «diplomate exceptionnel» Mgr Michael Courtney. «L’archevêque Courtney avait la réputation au sein du ministère des Affaires étrangères d’être un diplomate exceptionnel qui s’est dévoué pour le Vatican dans bien des postes difficiles et éprouvants», a déclaré Brian Cowen dans un communiqué.

Selon lui, à la suite de sa nomination à Bujumbura, il n’a eu de cesse d’»encourager la paix et la réconciliation entre les principaux groupes ethniques».

Mgr Courtney, blessé à la tête, à l’épaule et à la jambe lundi après- midi dans une embuscade alors qu’il circulait en voiture à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Bujumbura, a succombé vers 18h00 locales (16h00 au cours d’une intervention chirurgicale à la clinique Prince Louis Rwagasore, dans la capitale burundaise.

Ses obsèques seront célébrées mercredi à 11heures à la cathédrale Regina Mundi, au centre de Bujumbura. La dépouille mortelle du prélat sera ensuite transportée en Irlande pour y être inhumée, indique-t-on de source vaticane. (apic/ avec les agences/pr)

2 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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