Burundi: Le réquisitoire de l’archevêque de Gitega contre la haine et la bêtise humaine

«Le courage de Dieu contre le scandale de la haine»

Gitega/Burundi, 30 décembre 1997 (APIC) «Noël est le courage de Dieu qui, aux côtés de si nombreux Barundi, lutte décidément contre le scandale de la haine», écrit dans son message de Noël Mgr Simon Ntamwana, archevêque de Gitega et président de la Conférence épiscopale du Burundi. Dans un langage clair, l’archevêque dénonce les luttes fratricides que se livrent les factions qui «se menacent de coups d’Etat à l’infini», tandis que «le peuple meurt de faim, de maladie, de pauvreté».

Dans son message intitulé «Noël, le courage de Dieu contre le scandale de la haine», l’archevêque de Gitega invite malgré tout à espérer dans le peuple, dont les artisans de paix ont l’audace de partager «le courage de Dieu». Le Burundi, rappelle-t-il avant de brosser l’état d’une situation, est entré dans sa quatrième année de violences meurtrières. Les personnes vivent la terreur des armes particulièrement au nord-ouest et au sud du pays. D’autres subissent des exactions de la part de qui prétend les administrer, peu importe son orientation. L’on voit des contrées entières terrorisées par des procédures judiciaires qui se rangent loin de la loi et du traitement égal des populations.

Pour Mgr Ntamwana, ces procédures ont très peu de judiciaire; «elles frisent l’irrationnel, parce qu’inspirées souvent par l’instinct de l’autodéfense et de la vengeance. Au milieu de la population, on entend des accusations qui quintuplent ou décuplent même la valeur réclamée ! Devant l’oeil complaisant du responsable, les poursuites se font dans une direction, comme si les coupables des tueries, des pillages et des destructions n’étaient que d’un côté! Tout cela ne fait que creuser davantage le fossé de la haine ! Et la haine tue ! Tout cela provoque également la peur, les fuites, surtout des hommes». Quant à la famille, constate-t-il, elle se déstabilise.

Et Mgr Ntamwana de s’indigner: « Les Burundais continuent la guerre! Des Burundais pensent ainsi trouver la solution à leur lutte pour le pouvoir, unique source de richesse facile et spontanée. Nous ne voulons apprendre ni de nos ancêtres qui prônaient > le dialogue, ni de l’histoire des conflits qui ne finissent qu’autour d’une table, certes, souvent d’inégalité, ni de l’Evangile dont déjà 80 % des Burundais ont entendu parler et auquel ils disent croire ! «Presque 100 % de nos dirigeants avaient goûté au catéchisme. Ils ont bel et bien assimilé le plus grand commandement de l’amour qui passe par le grave et indispensable devoir du pardon à l’autre, même ennemi, afin de mûrir le Royaume du Père qui nous a tous pardonnés en son Fils Jésus».

Réquisitoire sans complaisance

Dans son terrible réquisitoire écrit sur une carte envoyée à l’APIC, l’archevêque de Gitega poursuit, sans complaisance: « Les > et les > des bandes armées ont le couteau tiré les uns contre les autres et se menacent de

30 décembre 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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