Burundi: Taxe de la «solidarité» pour aider les populations touchées par la sécheresse

Au Kenya aussi, le manque d’eau est cruellement ressenti

Bujumbura, 23 février 2006 (Apic) Le président burundais Pierre Nkurunziza a signé trois décrets relatifs à la nouvelle «Taxe pour la solidarité nationale», rendant opérationnelle la mesure annoncée en janvier dernier. Celle-ci devrait en théorie permettra la récolte de fonds pour aider les populations des provinces nord orientales, contraintes de faire les frais de la sécheresse et de la famine en résultant dans une grande partie de l’Afrique orientale.

La «taxe de solidarité nationale» prévoit une détraction directe des salaires – seulement dans les 12 districts en proie à la sécheresse – de sommes d’argent échelonnées en fonction du niveau de revenu. La Mesure restera en vigueur pendant au moins 4 mois (à partir de mars). Les ministres et les hauts fonctionnaires d’Etat devront verser 8% de leur salaire, les employés publics 2% et les sociétés une contribution qui varie en fonction de son importance et des profits de la société.

Les chômeurs et les travailleurs occasionnels (une condition qui concerne une grande partie de la population) pourront donner une contribution volontaire, pas seulement monétaire. Pour la gestion des fonds récoltés, le gouvernement a créé une commission de gestion et de vérification composée de représentants du gouvernement et des administrations locales. La nouvelle taxe devrait permettre de faire face à la crise dans les provinces de Muyinga et Kirundu, dans le nord-est, et dans celles de Rutana, Ruyigi et Cankuzo dans l’est, où au total, selon les estimations gouvernementales et internationales, près d’1,2 millions de personnes ont besoin d’aide.

Entre temps, le flux des Burundais en fuite des zones les plus touchées par la sécheresse ne s’est pas interrompu. Les conséquences de la grave sécheresse se font également ressentir dans l’archipel tanzanien de Zanzibar.

La carence en eau, comme c’est actuellement le cas dans plusieurs zones comprises entre le nord-est du Kenya, le sud de la Somalie, l’Ethiopie et la Tanzanie, a eu aussi de sérieuses répercussions sur l’élevage, affectant au premier chef les personnes vivant exclusivement de leur activité.

Thé sans eau

Au Kenya aussi, la sécheresse a fait lourdement ressentir ses effets au niveau économique: la production de thé a diminué de moitié par rapport à la même période en 2005, passant de 34,1 millions de kilos à 17,9, soit une baisse de 47%. Cette donnée a été diffusée par le Bureau national des producteurs de thé et citée par la presse locale, indique l’Agence Misna.

Selon les prévisions du ’Kenya Tea Board’, le rendement global des cultures de thé en 2006 pourrait connaître une baisse de 16%, majeure par rapport à d’autres époques de sécheresse survenues dans le passé, en 1997 et en 2000, lorsque la production a diminué respectivement de 14 et 15%. (apic/misna/pr)

23 février 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!