Un document oecuménique sur l’actuelle violence ethnique

Burundi: un appel angoissé des Eglises du pays (261093)

Bujumbura, 26octobre(APIC) Les responsables religieux du Burundi condamnent «énergiquement et sans réserves» dans un message publié mardi, le récent putsch, qui «remet gravement en cause l’expression de la volonté souveraine du peuple». Le message, intitulé «Le cri de l’Eglise en deuil avec

son peuple», porte la signature des évêques catholiques, de l’Eglise épiscopalienne et de l’Eglise libre méthodiste. Il contient un appel qui dément

les nouvelles rassurantes sur la fin du putsch: «Le plus urgent, dans l’immédiat, c’est d’arrêter les massacres et la guerre civile».

Le putsch, écrivent les leaders religieux, a compromis gravement l’ordre

dans le pays en déclenchant des tueries et a aussi exacerbé des sentiments

de haine à caractère ethnique, politique et régional, si bien que «des populations en colère ont succombé à la tentation de se faire justice par la

vengeance, détruisant les biens et massacrant des personnes».

Les signataires condamnent «énergiquement et sans réserve ce putsch qui

remet gravement en cause l’expression de la volonté souveraine du peuple»,

«d’autant plus qu’il est le fait des agents de l’ordre qui, normalement,

sont censés protéger la vie de la population: c’est inqualifiable.»

Les chefs religieux du Burundi demandent que la population soit correctement informée sur les circonstances du putsch et sur le sort des personnes arrêtées. Ils exigent que les corps des victimes soient rendues aux familles pour une sépulture digne et que dès que possible, un deuil national

soit observé, comme l’impose la très haute dignité et le grand nombre des

victimes. Ils ajoutent: «Mais le plus urgent dans l’immédiat c’est d’arrêter les massacres et la guerre civile».

Les signataires soutiennent les efforts des institutions démocratiques

et légitimes en vue de reprendre courageusement l’exercice effectif du pouvoir pour éviter un vide d’autorité plus prolongé dont les conséquences

sont déjà énormes. Ils expriment leur gratitude et leur encouragement à

tous ceux qui, sur le plan national et sur le terrain, s’investissent dans

la recherche d’une solution à la crise. Ils invitent enfin les Eglises et

les pays amis du Burundi, spécialement les plus proches, à les aider à sortir de la spirale de la violence et de ses causes. (apic/cip/ba)

26 octobre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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