«C’est l’homme qui est premier, il est bon de le rappeler»

Rome: Le pape met en garde devant la technique toute-puissante

Rome, 9 avril 2011 (Apic) Benoît XVI a mis en garde la communauté internationale contre les dégâts du progrès et les désastres sociaux et écologiques d’une technique toute-puissante, le 9 juin 2011. Le pape prononcait un discours devant les ambassadeurs de Moldavie, de Guinée équatoriale, du Belize, de Syrie, du Ghana et de Nouvelle-Zélande, des diplomates ne résidant pas à Rome venus lui présenter leurs lettres de créance.

«Le premier semestre de cette année a été marqué par d’innombrables tragédies qui ont touché la nature, la technique et les peuples», a rappelé Benoît XVI en français. Et de confier : «l’ampleur de telles catastrophes nous interroge». Ainsi, les prouesses dont la technique est capable vont de pair avec des désastres sociaux et écologiques.

Le souverain pontife a déploré les dégâts du progrès et les dangers qu’une technique toute-puissante fait courir à l’humanité. Des propos prononcés alors que le Japon est touché de plein fouet par la catastrophe de Fukushima, suite au tremblement de terre et au tsunami de mars dernier.

«C’est l’homme qui est premier, il est bon de le rappeler», a ajouté le pape. «L’homme, à qui Dieu a confié la bonne gestion de la nature, ne peut pas être dominé par la technique et devenir son sujet». Benoît XVI a estimé qu’une telle prise de conscience devait «amener les Etats à réfléchir ensemble sur l’avenir à court terme de la planète, face à leurs responsabilités à l’égard de notre vie et des technologies».

Technique et éthique

Le pape a soutenu que la technique qui domine l’homme le prive de son humanité. «L’orgueil qu’elle engendre a fait naître dans nos sociétés un économisme intraitable et un certain hédonisme qui détermine subjectivement et égoïstement les comportements».

Le souverain pontife a jugé urgent de conjuguer la technique avec une forte dimension éthique, après avoir soutenu que l’affaiblissement du primat de l’humain entraînait un égarement existentiel et une perte du sens de la vie.

Benoît XVI a affirmé que les responsables politiques ont «la mission de guider les peuples vers l’harmonie humaine et vers la sagesse tant désirées, qui doivent culminer dans la liberté religieuse, visage authentique de la paix.»

Changement de mentalité

Appelant à une bonne gestion de la nature, qui n’est pas uniquement un espace exploitable ou ludique, le pape a assuré que l’ensemble des gouvernants doit «s’engager à protéger la nature et l’aider à remplir son rôle essentiel pour la survie de l’humanité». Il a aussi appelé à une réflexion sérieuse pour trouver des solutions précises et viables, et à un changement de mentalité dans ce domaine.

Une telle réflexion, a poursuivi le pape, «ne devra pas être obscurcie par des intérêts politiques et économiques aveuglément partisans, afin de privilégier la solidarité par rapport à l’intérêt particulier». (apic/imedia/lb/amc)

9 juin 2011 | 14:39
par webmaster@kath.ch
Partagez!