C’est «notre culture qui est mise en question»

Lucerne: Le Parti démocrate-chrétien veut inscrire la protection de la croix dans la Constitution

Lucerne, 31 octobre 2010 (Apic) Le Parti démocrate-chrétien suisse (PDC) veut inscrire la protection de la croix dans la Constitution fédérale. Selon le journal «Zentralschweiz am Sonntag» du 31 octobre 2010, par une initiative parlementaire que va lancer la conseillère nationale lucernoise Ida Glanzmann-Hunkeler et par une initiative cantonale à Lucerne, le PDC veut que les symboles de l’Occident chrétien soient protégés constitutionnellement.

La querelle sur les crucifix qui agite à nouveau la Suisse depuis quelques mois s’invite dans le champ politique, notamment dans le canton de Lucerne. Ida Glanzmann-Hunkeler, vice-présidente du PDC Suisse, estime sur son blogue qu’à l’occasion des derniers débats sur le crucifix, c’est «notre culture qui est mise en question». La politicienne lucernoise se demande si en Suisse il ne faut plus désormais que s’adapter à toutes les croyances «ou si on a encore le droit de vivre notre culture».

Elle annonce qu’elle va déposer une initiative parlementaire lors de la prochaine session des chambres fédérales dans le but de protéger dans l’espace public les symboles de la culture de l’Occident chrétien. La démocrate-chrétienne lucernoise estime inacceptable que les libres-penseurs remettent en question la présence de croix sur les sommets des montagnes et finalement sur le drapeau de la Suisse voire sur les sapins de Noël… Le président du PDC Christophe Darbellay, également cité par le journal, estime lui aussi qu’il vaut mieux prévenir, et que par conséquent «il est important et nécessaire que nos symboles chrétiens soient protégés par la Constitution».

Ancien commandant de la Garde suisse pontificale, le politicien lucernois Pius Segmüller entend lui aussi agir au plan cantonal sur le même sujet. Si ces propositions trouvent un appui au-delà des rangs démocrates-chrétiens auprès de parlementaires de l’Union démocratique du centre (UDC), il n’en va pas de même du côté du Parti socialiste (PSS) et des libéraux-radicaux (PLR).

Ne pas politiser le débat sur le crucifix

Diverses voix mettent cependant en garde contre un risque de politisation de cette problématique, alors que tout selon elles se trouve déjà dans le préambule de la Constitution suisse. Elle commence par cette sentence: «Au nom de Dieu Tout-Puissant! Le peuple et les cantons suisses, conscients de leur responsabilité envers la Création, résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde, déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l’autre et l’équité, conscients des acquis communs et de leur devoir d’assumer leurs responsabilités envers les générations futures, sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres, arrêtent la Constitution que voici…». (apic/gs/com/be)

31 octobre 2010 | 17:06
par webmaster@kath.ch
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