Rome: Benoît XVI reconduit le cardinal Bagnasco à la tête de la Conférence épiscopale italienne
C’est reparti pour un second quinquennat
Rome, 7 mars 2012 (Apic) Benoît XVI a reconduit l’archevêque de Gênes, le cardinal Angelo Bagnasco, pour 5 ans à la tête de la Conférence épiscopale italienne (CEI), le 7 mars 2012. Agé de 69 ans, il a succédé en 2007 au cardinal Camillo Ruini, figure emblématique de l’Eglise italienne.
La confirmation du cardinal Bagnasco à la tête de la CEI était évidente, même s’il a dû faire face à une certaine hostilité de la part du secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone, lorsqu’il a succédé au cardinal Ruini, en 2007. L’ombre de cet habile politicien, qui avait occupé ce poste pendant 16 ans, un record, a encore longtemps plané sur l’Eglise italienne. Alors que le cardinal Bagnasco jouissait de l’estime de son prédécesseur, le cardinal Bertone penchait en faveur d’un candidat plus effacé.
Premier incident, le 25 mars 2007. Le numéro deux du Saint-Siège avait attribué à ses propres services la gestion des relations des évêques italiens avec le monde politique. Une nouvelle que le cardinal Bagnasco avait mal prise. La tension entre la CEI et la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège était encore montée d’un cran en 2009, au moment de «l’Affaire Boffo», du nom de l’ancien directeur du quotidien de la CEI «Avvenire». Ce dernier avait été contraint de démissionner suite à des révélations compromettantes le concernant dans la presse du pays. Peu après, dans une interview accordée au «Corriere della Sera», le cardinal Bagnasco a invoqué le «Motu Proprio» de Jean-Paul II «Apostolos suos», publié en 1998, pour revendiquer pour la conférence des évêques la responsabilité des relations avec les politiques.
Récemment, le président de la CEI a fait preuve d’ouverture dans le débat sur l’imposition des bien immobiliers de l’Eglise en Italie. En décembre dernier, il a rappelé qu’il ne voyait pas d’objection à d’»éventuels approfondissements» au sujet de l’exemption des taxes foncières dont jouissent un certain nombre d’organismes italiens, y compris ecclésiaux, à but non-lucratif.
Un long passé à Gênes
D’origine génoise et fils d’ouvrier, Angelo Bagnasco est né le 14 janvier 1943 à Pontevico, dans le diocèse de Brescia (nord). Séminariste à Gênes (nord-ouest), il a été ordonné prêtre le 29 juin 1966. Diplômé en philosophie, il a effectué une partie de son ministère en paroisse, dans le diocèse de Gênes, et a également assumé plusieurs responsabilités dans la catéchèse ou au séminaire diocésain.
Nommé évêque de Pesaro (est) en janvier 1998, il devenu évêque aux armées en juin 2003. Le 29 août 2006, Benoît XVI l’a fait archevêque de Gênes en remplacement du cardinal Tarcisio Bertone, devenu secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le 15 septembre de la même année.
Le cardinal Bagnasco a ensuite été désigné à la tête de la Conférence régionale des évêques de Ligurie (nord). Anciennement secrétaire de la Commission épiscopale italienne pour l’éducation, l’école et l’université, il a également été membre de la Commission pour la culture et les communications sociales et président du Conseil d’administration d’»Avvenire».
L’Italie est le seul pays où le pape, évêque de Rome et Primat de la péninsule, nomme directement le président de la conférence épiscopale. Ailleurs, il est élu par ses pairs. En janvier 2006, Benoît XVI avait pour la première foi demandé aux 226 évêques italiens de lui proposer un nom. (apic/imedia/cp/nd)



