«C’est un homme normal», a commenté le cardinal André Vingt-Trois
Rome: Les cardinaux français et les gestes «d’une désarmante simplicité» du nouveau pape
Rome, 14 mars 2013 (Apic) Au lendemain de l’élection du pape François, les 3 cardinaux résidentiels français ont évoqué le 14 mars 2013 devant la presse les gestes «d’une désarmante simplicité» du nouveau souverain pontife. Les cardinaux André Vingt-Trois, Philippe Barbarin et Jean-Pierre Ricard ont livré quelques détails significatifs des premières heures du pontificat du jésuite argentin Jorge Mario Bergoglio, élu la veille au soir.
«Je suis un pécheur», a affirmé le cardinal argentin à peine élu, au moment d’accepter la charge pontificale confiée par les 114 autres cardinaux électeurs. C’est ce qu’a rapporté le cardinal archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, évoquant les gestes «d’une désarmante simplicité» du nouveau pape. Ce dernier a immédiatement choisi de porter sa propre croix pectorale pour apparaître à la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre, refusant une croix dorée proposée par le maître des célébrations liturgiques pontificales.
Avant de recevoir l’acte d’obédience des cardinaux, a encore raconté le cardinal Barbarin, le nouveau pape a traversé la Chapelle Sixtine pour embrasser le cardinal indien Ivan Dias, fortement handicapé. Puis, de retour sous l’imposante fresque du Jugement dernier, il a choisi de ne pas s’asseoir sur le trône qui l’attendait pour saluer un à un chaque cardinal.
«C’est peut-être un pape qui nous surprendra»
«C’est un homme normal», a commenté pour sa part, avec un sourire, le cardinal André Vingt-Trois, dans une référence explicite au chef de l’Etat français, François Hollande, qualifié de «président normal». «C’est peut-être un pape qui nous surprendra», a quant à lui assuré le cardinal Jean-Pierre Ricard, avant de raconter une autre anecdote.
Au moment de quitter le Palais apostolique pour rejoindre la Maison Sainte-Marthe dans la soirée du 13 mars, le nouveau pape a délaissé la voiture qui l’attendait pour monter avec les cardinaux dans un bus. Le lendemain, a par ailleurs raconté le porte-parole du Vatican, le nouveau pape est allé boucler sa valise dans la maison romaine où il logeait avant le conclave avant de saluer le personnel et de payer la facture de son séjour.
L’archevêque de Bordeaux a en outre vanté les «belles qualités intellectuelles» du nouveau pontife, assurant que la personnalité de cet évêque «simple, relationnel, proche du peuple, particulièrement attentif à la situation des pauvres», avait fait la différence.
Le cardinal Ricard a alors confié que le haut prélat argentin avait assuré, lors des Congrégations générales, que «l’Eglise ne peut être véritablement l’Eglise du Christ que si elle ne se centre pas sur elle-même, si elle sait aller à la périphérie, à la rencontre des hommes et des femmes dont elle se sent éloignée».
«Dysfonctionnements» au sein de la curie romaine
Les 3 cardinaux résidentiels français n’ont pas caché par ailleurs l’existence de «dysfonctionnements» au sein de la curie romaine et évoqué une nécessaire réforme du système. Le cardinal Ricard a alors souhaité que le nouveau pape fasse «travailler ensemble» les membres de la curie et vise à «plus de transparence et de rigueur morale».
Pour sa part, le cardinal Vingt-Trois a espéré que le nouveau pape «ne se laisserait pas phagocyter par le système» de la curie. L’archevêque de Paris a cependant invité à ne pas s’attendre à une réforme administrative «brutale», exhortant la presse à lire les propos du cardinal Bergoglio, lors du Synode des évêques de 2001, précisément sur le rôle des évêques. (apic/imedia/ami/mm/be)



