Fribourg: Action spectaculaire d’Helvetas dans le centre ville
Cadavres fictifs en coton pour dénoncer l’utilisation de pesticides
Les passants dans le centre ville de Fribourg se sont arrêtés mercredi, surpris, pour observer la reconstitution d’une scène d’homicide. Helvetas ayant mis en scène un crime fictif et déposé dans la rue des silhouettes de coton sur lesquelles était inscrit en rouge vermeil : «20’000 personnes meurent chaque année, victimes des pesticides utilisés dans les champs de coton».
L’organisation suisse de coopération internationale a ainsi voulu inciter le public à réfléchir à la production des vêtements, informer sur une mode respectueuse de l’environnement ainsi que sur les conditions de travail des producteurs de coton, indique un communiqué.
Selon Helvetas, les problèmes posés par la culture conventionnelle du coton sont multiples, à commencer par l’usage massif d’engrais et d’insecticides chimiques. Le coton est cultivé sur moins de 3% des terres cultivables dans le monde, mais il absorbe le 16 % des produits phytosanitaires vendus. Ces produits nuisent gravement à la santé et conduisent même à la mort de milliers de paysan-ne-s et d’animaux d’élevage, exposés aux produits toxiques.
La nature aussi paie un lourd tribut, assure l’ONG: «Les engrais chimiques lessivent les terres qui perdent leur fertilité, puis ils s’infiltrent dans la nappe phréatique et la contaminent, rendant l’eau impropre à la consommation. Ces conséquences destructrices sont amplifiées par le manque d’information dont les agriculteurs disposent sur les risques des produits chimiques, ainsi que sur les méthodes alternatives et durables de production».
Autre problème central, celui de l’endettement : pour acquérir des engrais chimiques et des produits phytosanitaires, les petits cultivateurs doivent s’endetter et sont de plus en plus dépendants des multinationales de l’agrobusiness.
Pour améliorer les conditions de vie des petits cultivateurs de coton, Helvetas a lancé des projets de production et de commercialisation du coton biologique et équitable en Afrique occidentale et en Asie centrale. L’organisation conseille et accompagne les paysans dans la culture biologique grâce à laquelle ils peuvent obtenir un prix correct pour leur coton et retrouver un environnement de qualité.
L’action d’Helvetas entendait inciter les passants à réagir et à choisir des vêtements répondant à des normes éthiques et environnementales. Pour favoriser un comportement plus responsable, Helvetas a développé un instrument de recherche réunissant des adresses de magasins offrant un assortiment bio. Page Internet www.bio-fair.ch . (apic/com/pr)



