Cambodge: Des enseignants veulent supprimer le nom de «Dieu» dans les manuels scolaires
Incompatible avec le bouddhisme, la religion officielle
Phnom Penh, 5 décembre 2002 (APIC) Le nom de «Dieu» doit être supprimé des manuels scolaires au Cambodge, selon un syndicat d’enseignants. Son président estime que cette référence au christianisme et à l’islam peut éloigner les élèves du bouddhisme, la religion officielle du pays.
Pour Rong Chhun, président du syndicat d’enseignants «CITA», l’article 43 de la Constitution établit clairement que le bouddhisme est la religion d’Etat. «Par conséquent, toute référence à Dieu dans les manuels scolaires risque de semer la confusion dans les esprits des élèves, ceux-ci pouvant la comprendre comme un renvoi au christianisme et une omission du bouddhisme», estime-t-il.
Selon l’AFP, ce sont les mouvements chrétiens évangéliques et les associations musulmanes qui sont visés par le syndicat d’enseignants, qui leur reproche d’avoir gagné des fidèles en leur apportant une aide matérielle.
Au début du mois de novembre 2002, le quotidien «Phnom Penh Post» a rapporté que des tensions religieuses étaient apparues dans des villages isolés du pays. Quelques incidents anti-chrétiens ont suivi, provoqués par des moines bouddhistes fondamentalistes.
Seulement 25’000 catholiques
Le Cambodge est peuplé d’environ 11 millions de personnes, bouddhistes à 95 %. Les musulmans forment une minorité de quelque 250’000 personnes, soit moins de 2,5 % de la population. L’Eglise catholique ne compte que 25’000 fidèles.
Le 10 octobre 2002, 400 responsables bouddhistes, musulmans et chrétiens, réunis sous le patronage du roi Norodom Sihanouk, ont fondé un Conseil cambodgien interreligieux. Ses membres se sont notamment engagés à rejeter «les pressions ou la coercition pour convertir des fidèles». (apic/zenit/sh)



