Mort aux travaux forcés en 1977

Cambodge: un temple bouddhiste abritera la tombe du premier évêque cambodgien

Phnom Penh, 15 avril 1997 (APIC) La pagode bouddhiste de Tang Kork, dans la région de Kompong Thom, à 120 kilomètres au nord de la capitale, Phnom Penh, abritera la tombe de Mgr Joseph Chhmar Salas, premier et unique évêque cambodgien, mort d’épuisement aux travaux forcés en 1977, sous la domination des Khmers Rouges.

La communauté monastique de Tang Kork et le comité de la pagode ont accepté la demande présentée par Mgr Yves Ramousse (France), actuel vicaire apostolique de Phnom Penh, et par le nonce apostolique, Mgr Luigi Bressan, lors d’une récente visite dans le pays. L’évêque a également émis l’idée, soutenue par les chrétiens du lieu, d’acheter un terrain et de construire dans les environs une église qui pourrait devenir un important lieu de pèlerinage.

Durant la domination des Khmers Rouges (1975-1979), la pagode avait été vidée de ses moines et transformée en hôpital où l’on entassait les malades sur le point de mourir. A côté se trouvait une fosse commune où l’on jetait les cadavres.

Ordonné évêque en hâte en le 14 avril 1975, déporté à Phnom Penh trois jours plus tard (le lendemain de l’arrivée des Khmers Rouges), Mgr Salas avait d’abord été affecté à la culture du riz dans un village, avec des parents et des amis. Affamé et amaigri, il avait obtenu de pouvoir garder les porcs. Quand il mourut, miné par la maladie, son corps fut enterré dans la fosse commune de Tang Kork.

Une croix pectorale

On n’a longtemps conservé de Mgr Salas qu’un seul souvenir : sa croix pectorale. Durant la domination de l’>>Angkar>> (nom impersonnel donné aux Khmers Rouges), la croix avait été cachée dans un poulailler pour être vénérée par les chrétiens, car elle représentait le seul signe de communion avec l’Eglise universelle, le régime de Pol Pot ayant tué tous les prêtres et les religieux et rendu impossible la célébration de la messe.

La paroisse de Kompong Thom, où s’élèvera le sanctuaire de l’évêque martyr, est la plus étendue du Cambodge et compte plusieurs centaines de personnes. Au Cambodge, il y a environ 6’000 chrétiens d’origine khmère et plus de 14’000 d’origine vietnamienne. Vu l’absence totale de prêtres, le travail pastoral est confié à différents instituts missionnaires. Le séminaire de Battambang assure la formation de six candidats à la prêtrise, dont un est originaire de Kompong Thom.

L’Eglise du Cambodge a obtenu la liberté religieuse en 1992. Mgr Yves Ramousse, ancien évêque de Phnom Penh peu avant 1975 et qui en est aujourd’hui l’administrateur apostolique (avec le seul assentiment de Rome), a regagné la capitale le 21 octobre 1991. (apic/cip/fides)

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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