16 généraux et des membres du gouvernement accusés

Cameroun: Aucun fait concret autour des menaces d’assassinat contre le cardinal Tumi

Yaoundé, 1er septembre 2004 (Apic) Le cardinal Christian Wiyghan Tumi, archevêque de Douala, serait dans le collimateur d’officiers supérieurs de l’armée – en fait 16 généraux – et de «quelques ministres» appartenant tous au même groupe ethnique que le président Paul Biya. La rumeur d’assassinat, qui a enflé en août au Cameroun, n’est pas vérifiée.

Le cardinal Tumi a tout de même déploré ces jours derniers que l’administration n’a pas enquêté sur ces menaces de mort. Dans son édition du 18 août, le journal de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) s’interrogeait même en première page: «Assassinats programmés. Qui veut tuer le cardinal Tumi ?».

«L’Effort camerounais» se posait de sérieuses questions sur le «complot contre le cardinal Tumi» et se demandait s’il s’agissait d’une intimidation ou de la réalité. Le journal de la CENC, qui dépend du cardinal Tumi, citait tout de même le site internet de Ndzana Seme, un Camerounais réfugié aux Etats-Unis. Ce dernier avait cependant relayé en juin dernier la fausse rumeur de la mort du président camerounais Paul Biya.

«Nous avons trouvé ce projet sur internet», a précisé le cardinal Tumi, ajoutant que les 16 généraux et les membres du gouvernement de la même tribu que le président Biya avaient décidé que «quelques têtes (dont lui) allaient tomber».

L’archevêque de Garoua a ajouté que la «source était sérieuse», bien que le Cameroun soit est un pays où il y a beaucoup de rumeurs. Il a souligné avoir rencontrer le secrétaire général de la présidence de la République pour l’informer du projet.

L’administration n’a rien fait

«Celui-ci m’a dit qu’ils ont aussi reçu les documents à la présidence, mais que pour lui, ce n’était pas sérieux et qu’il ne faut pas y accorder trop d’importance», a fait remarquer Mgr Tumi. Cependant, a-t-il poursuivi, «j’aurais aimé qu’une enquête fût menée par l’administration, mais celle-ci n’a rien fait». «Jusqu’ici, il n’y a rien du tout, c’est le silence la dessus», a-t-il déploré. En réponse à une question sur ses rapports avec le pouvoir, il a déclaré que ceux sont «bien», mais qu’il y a des Camerounais qui croient qu’il est l’ennemi de ce pouvoir à cause de ses idées et de ses opinions.

Le cardinal Tumi est très critique à l’égard du régime en place dans son pays. Il dénonce souvent la mal gouvernance du régime, la corruption, les atteintes aux droits de l’Homme, le manque de liberté d’expression, les détournements de deniers publics, la dégradation des moeurs, entre autres. A cause de ces critiques, il est considéré comme un opposant. Il avait été aussi pressenti comme candidat à l’élection présidentielle de la mi-octobre prochain, mais a démenti en janvier dernier vouloir se présenter. «Je ne suis pas candidat; je suis prêtre, et je ne serai jamais candidat à l’élection présidentielle au Cameroun, et ceux qui me prêtent cette intention ne me connaissent pas», avait alors déclaré le cardinal Tumi. (apic/ibc/be)

1 septembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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