Les populations des zones anglophones du Cameroun souffrent de la guerre (Photo d'illustration:DFID/Flickr/CC BY-NC-ND 2.0)
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Les populations des zones anglophones du Cameroun souffrent de la guerre (Photo d'illustration:DFID/Flickr/CC BY-NC-ND 2.0)

Cameroun: des leaders chrétiens et musulmans appellent à une Conférence générale des anglophones

30.07.2018 par Ibrahima Cissé, correspondant de cath.ch en Afrique

Des leaders religieux chrétiens et musulmans du Cameroun ont lancé un appel au gouvernement et aux séparatistes anglophones à organiser une conférence générale des anglophones à Buéa, au sud-ouest du pays.

Les régions anglophones du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun sont secouées depuis octobre 2016 par un conflit sécessionniste sanglant. Des activistes qui déploraient au départ la marginalisation de ces provinces se sont peu à peu radicalisés et ont fini par réclamer l’indépendance. Les séparatistes demandent que la région s’appelle désormais “Ambazonie” et qu’elle soit liée à l’Etat camerounais par le même type de système fédéraliste que celui qui avait cours dans la période 1961-1972.

160’000 déplacés

Selon des données de Caritas Internationalis de juin dernier, les incursions armées au Cameroun ont contraint 160’000 personnes à partir de chez elles pour se réfugier dans la brousse et 26’000 autres à traverser la frontière vers le Nigeria pour fuir des régions “hantées par la peur et la mort”.

Le conflit a pour origine une crise socio-politique, qui a éclaté en octobre 2016, suite à des revendications d’activistes des deux régions anglophones, qui représentent environ 20% des 24 millions de Camerounais.

Les populations souffrent

L’Eglise catholique au Cameroun s’est plusieurs fois déclarée opposée à la séparation du pays, prônant plutôt une décentralisation.

Dans une déclaration commune à l’issue de leur rencontre, les dignitaires religieux des régions anglophones ont invité les deux parties en conflit à l’ouverture d’un dialogue national et à l’arrêt des hostilités, rapporte Radio France internationale (RFI). “Les populations souffrent continuellement dans tous les villages et dans les villes”, a relevé le porte-parole de la rencontre, le révérend Simon Munzu, rapporteur de l’assemblée presbytérienne du Cameroun.

Il a souligné qu’avant de se rendre à la conférence générale de Buéa, la principale ville anglophone du Cameroun, il était important que les populations des deux régions anglophones se réunissent pour se mettre d’accord sur les principaux problèmes à aborder, ainsi que pour désigner des représentants. (cath.ch/ibc/ag/rz)


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