Elles foisonnent dans le pays sans autorisation

Cameroun: L’Etat lance une opération d’assainissement des nouvelles sectes religieuses

Yaoundé, 7 mai 2006 (Apic) Le Cameroun a lancé une opération d’assainissement dans le domaine des nouvelles sectes religieuses. Celles-ci foisonnement dans le pays, souvent sans son autorisation. L’Etat veut maintenant remettre de l’ordre dans les rangs.

Au Cameroun, on dénombre une multitude de sectes religieuses, alors que «seules» 46 confessions religieuses et 78 congrégations catholiques sont officiellement reconnues auprès du ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation (Minatd). Selon le quotidien national «Cameroon Tribune», les sectes religieuses se comptent par centaines.

Dans les artères des principales villes, on aperçoit une multitude d’associations à caractère religieux qui s’installent de jour en jour. Leurs activités débordantes nuisent souvent à l’ordre public. Quotidiennement, les autorités administratives et les parquets enregistrent des plaintes de riverains de nouvelles églises dites de «réveil». pour tapage nocturne. Car elles organisent, sur fond de bruit, de longues séances de prières durant la nuit. Aussi, le Minatd a-t-il décidé de faire un inventaire des nouvelles sectes religieuses.

Cette initiative a suscité des critiques de certains citoyens qui ont dénoncé une «atteinte à la liberté d’association». Le Minatd a rejeté cette accusation.

Dans une mise au point paru dans la presse, Marafa Hamidou Yaya, ministre d’Etat chargé du Minatd, a indiqué qu’elle ne porte nullement atteinte à la liberté individuelle, encore moins à la liberté religieuse ou d’association. Elle s’appuie sur le principe d’une loi de 1990 relative à la liberté d’association. Cette loi précise qu’»au contraire des associations à caractère culturel ou économique qui obéissent au régime de déclaration simple, les associations religieuses sont soumises au régime d’autorisation».

Pour sa part, Alexandre Marie Yomo, directeur des Affaires politiques au Minatd, a déclaré à Cameroon Tribune, qu’on «ne peut interdire l’appartenance à une association religieuse à un citoyen, mais le ministère voudrait que les églises qui exercent sur l’ensemble du territoire national aient une existence légale». Cela veut dire que toute association doit désormais constituer et déposer, au préalable, un dossier auprès des services de la préfecture du siège, avant de commencer ses activités. Ce dossier sera ensuite transmis au Minatd pour étude et transmission au chef de l’Etat, seule personnalité habilitée à autoriser ou non une association religieuse. (apic/ibc/be)

7 mai 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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