La Conférence épiscopale félicite, le cardinal Tumi condamne

Cameroun: La réélection du président Paul Biya divise l’Eglise catholique

Yaoundé, 29 octobre 2004 (Apic) La réélection du président Paul Biya pour un nouveau mandat de sept ans à la tête du Cameroun divise l’Eglise catholique. La Conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc) s’est déclarée satisfaite de cette réélection présidentielle du 11 octobre dernier. Ce qui n’est pas le cas du cardinal Tumi, qui condamne, pas convaincu de la transparence du scrutin.

Le cardinal Christian Tumi, soutenu par le secrétaire général de la Cenc, Mgr Patrick Lafon et le coordonnateur des 1’200 observateurs catholiques accrédités à cette élection, Pierre Titi Nwell ont en effet dénoncé la régularité du scrutin.

Selon la cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays, le président sortant, déjà au pouvoir depuis plus de 20 ans, l’a remporté avec 70,92% des suffrages sur 4,6 millions d’électeurs. C’est sa seconde victoire consécutive, depuis l’instauration de la démocratie au Cameroun dans les années 90. Il avait remporté l’élection présidentielle de 1997, face à d’autres candidats de l’opposition.

Dans un communiqué lu à la radio et à la télévision nationales, et rapporté par la presse quotidienne camerounaise, le Cenc a adressé un satisfecit au président Biya. «Suite à la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 11 octobre 2004 qui a marqué une étape importante dans la consolidation de la démocratie au Cameroun, la Cnec présente ses félicitations au président élu, Paul Biya», peut-on lire.

Cette déclaration de la Cnec tranche avec l’attitude du cardinal Christian Tumi, archevêque de Douala, la seconde ville du pays. Au lendemain de l’élection présidentielle, il avait dénoncé des irrégularités. «Selon le rapport que j’ai reçu des observateurs catholiques, il faut qualifier ces élections, ce scrutin, comme une mascarade électorale», avait- il

déclaré le 20 octobre 2004. Avec lui d’autres personnalités de l’Eglise catholique émettent de grosses réserves. Pour ne pas dire une nette remise en question de ces votations. (apic/ibc/pr)

29 octobre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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