Cameroun: Le cardinal Christian Tumi toujours vague sur sa candidature à la présidence
«L’Eglise catholique est l’ennemi n°1 du régime camerounais»
Dakar, 24 novembre 2003 (Apic) «L’ennemi n°1 du régime actuel au Cameroun, c’est l’Eglise catholique», a déclaré lundi l’archevêque de Douala, dans une interview diffusée par Radio France Internationale (Rfi) dont il était l’invité. Il s’explique: cela se comprend, «parce que c’est l’Eglise catholique camerounaise qui ose dire des choses pouvant être gênantes pour le pouvoir.»
Le prélat, particulièrement critique à l’égard des dirigeants camerounais, a précisé que tous les propos «dérangeants» pour le régime qu’il tient, lui sont dictés par l’enseignement de l’Eglise et par la théologie. «Nous sommes envoyés à l’homme, et là où ses droits fondamentaux ne sont pas respectés, l’Eglise doit intervenir, sinon je serai blâmé et défaillant dans ma mission de prêtre et d’évêque», a-t- il fait remarquer.
Interrogé sur les ambitions politiques qu’on lui prête trop souvent à cause de son franc-parler, il a déclaré: «Ce n’est pas parce que j’ai des positions claires et nettes sur la situation politique de notre pays que j’ai des ambitions politiques». «Au Cameroun, poursuit-il, je reçois facilement plus de 200 personnes par semaine, qui viennent me voir quand il s’agit de conseiller ou de servir par des oeuvres socio-caritatives».
Au sujet d’informations faisant état de sa possible candidature à l’élection présidentielle en 2004, il a reconnu être sollicité de toute part par des citoyens pour présenter cette candidature. «Il y a des partis d’opposition qui sont venus me voir me solliciter, il y aussi a des personnes non affiliées à des partis politiques qui continuent à m’encourager. Mais chaque fois, je leur ai dit que ce n’est pas ma vocation».
Aucune demande adressée au Vatican
Le cardinal Christian Tumi relève encore n’avoir jamais demandé au Vatican, le droit de se présenter à une élection présidentielle ou de s’engager activement dans la vie politique de son pays. «Je crois que je ne le ferai jamais».
Il a en revanche plaidé en faveur de la mise en place d’une «commission électorale neutre» pour l’organisation des élections dans le pays. Il a également préconisé un processus électoral démocratique et transparent qui permettrait à tous les citoyens de s’inscrire sur les listes électorales, et à tous les camerounais en âge d’accomplir leurs droits civiques, de pouvoir voter. Il a enfin demandé un respect des lois électorales».
A propos de l’ordre d’arrêt des essais techniques de la radio catholique «Veritas» dont il est le promoteur, l’archevêque de Douala a déclaré que des négociations sont en cours avec le pouvoir. Celui-ci, rappelle-t-on, avait ordonné le 13 novembre dernier la fermeture de l’antenne de la station, arguant du fait qu’elle n’avait pas d’autorisation d’émettre. (apic/ibc/pr)



