Mise en garde contre toute tentation de repli ethnique
Cameroun: Le pape demande aux évêques camerounais de bien former leurs futurs prêtres
De notre envoyé spécial au Cameroun, Antoine-Marie Izoard, I.Media
Yaoundé, 18 mars 2009 (Apic) En s’adressant aux évêques du Cameroun, le 18 mars 2009 à Yaoundé, Benoît XVI a particulièrement insisté sur le «discernement» des vocations au sacerdoce et la formation des futurs prêtres. Le pape a en outre mis en garde l’Eglise catholique contre toute tentation de repli ethnique.
Dans l’église du Christ-Roi, à Yaoundé, ont constaté les quelques journalistes présents, Benoît XVI s’est ainsi entretenu avec la trentaine d’évêques du Cameroun. Dans un pays qui compte quelque 1’360 séminaristes et plus de 2’200 élèves dans les petits séminaires, le pape a invité les évêques à «être particulièrement vigilants concernant la fidélité des prêtres et des personnes consacrées aux engagements pris lors de leur ordination et leur entrée dans la vie religieuse».
Notant ensuite que de nombreux jeunes hommes se portent candidats au sacerdoce dans les différents diocèses du Cameroun, Benoît XVI a jugé essentiel que soit fait un discernement sérieux.
Le pape a alors invité les prélats à donner la priorité à la sélection et à la formation des formateurs et des directeurs spirituels afin de garantir à ces séminaristes «une formation humaine, spirituelle et pastorale solide qui fasse d’eux des hommes mûrs et équilibrés, biens préparés à la vie sacerdotale».
Parmi les «nombreux défis» auxquels doit faire face l’Eglise au Cameroun, Benoît XVI a par ailleurs évoqué la situation de la famille, mais également le développement des sectes et des mouvements ésotériques, et l’influence croissante des formes superstitieuses de religion, ainsi que du relativisme. Le souverain pontife a alors invité à donner une nouvelle impulsion à la formation des jeunes et des adultes, en particulier dans le monde universitaire et intellectuel.
Un pays qui compte plus de 250 ethnies différentes
Devant les évêques, le pape a aussi mis en garde l’Eglise catholique contre toute tentation d’ethnocentrisme dans ce pays qui compte plus de 250 ethnies différentes. L’Eglise, a ainsi soutenu Benoît XVI, est «une véritable famille de Dieu, réunie dans l’amour fraternel» et ceci «exclut tout ethnocentrisme et tout particularisme excessif et contribue à la réconciliation et à la collaboration entre les ethnies pour le bien de tous».
S’il a souligné par ailleurs l’urgente nécessité d’annoncer l’Evangile à tous et demandé aux évêques de vivre en «parfaite communion», le pape a également évoqué «la dignité des célébrations» liturgiques. Il a alors souhaité que la joie manifestée au cours des liturgies africaines «ne soit pas un obstacle, mais au contraire un moyen de rentrer en dialogue et en communion avec Dieu».
Au terme de cette rencontre d’un peu moins d’une heure, le pape devait retourner à la nonciature de Yaoundé pour y déjeuner avec l’ensemble des évêques du Cameroun. En milieu d’après-midi, il est attendu à la basilique Marie-Reine-des-Apôtres de la capitale camerounaise pour une rencontre les prêtres, les religieux et religieuses, les diacres, les mouvements ecclésiaux et des représentants des autres confessions chrétiennes du pays. (apic/imedia/ami/be)



