L’Eglise catholique face aux défis des nouvelles sectes chrétiennes

Cameroun: Le pape en visite

Yaoundé, 17 mars 2009 (Apic) Le Cameroun, qui accueille du 17 au 20 mars le pape Benoît XVI pour sa première visite en Afrique compte près de 5 millions de catholiques sur une population évaluée à près de 18 millions d’habitants. Mais les sectes prennent de l’ampleur.

Selon le quotidien national, «Cameroon -Tribune», l’évangélisation dans le pays a commencé en 1890 avec l’arrivée à Marienberg dans le diocèse d’Edéa (sud-ouest), des missionnaires Pallotins. Ils étaient envoyés par la Congrégation pour la propagation de la foi.

L’Eglise catholique camerounaise compte près de cinq millions de catholiques sur une population évaluée à plus de 18 millions d’habitants. Répartis dans cinq provinces ecclésiastiques : Bamenda, Bertoua, Douala, Garoua et Yaoundé, ces fidèles sont encadrés par près de 2’000 prêtres. L’épiscopat compte trente évêques et un cardinal, créé en 1988. Malgré cela, l’Eglise camerounaise est confrontée depuis près de deux décennies, à une forte poussée des sectes chrétiennes qui, selon «Le Messager», un autre quotidien camerounais, quadrillent «méticuleusement le terrain», notamment dans les métropoles et autres centres urbains. A Douala, Yaoundé, Limbe, Buea, Bamenda les églises, écrit Cameroon-Tribune, «temples et autres lieux de prière de ces nouvelles religiosités sont présents dans pratiquement tous les quartiers et ne passent pas inaperçus, en raison de l’enthousiasme généralement débordant de leurs membres qui ne cachent pas leur satisfaction d’être nés de nouveau».

L’émergence des nouvelles sectes chrétiennes au Cameroun comme partout ailleurs en Afrique, est liée à trois facteurs : la mondialisation qui a contribué à faire du monde un village planétaire, la libéralisation de la vie associative ou religieuse qui a permis à de nombreuses congrégations et associations religieuses d’obtenir la reconnaissance des autorités et la crise économique avec son cortège de misère, de chômage et d’insécurité.

Importées pour la plupart des pays anglo-saxons, les nouvelles religions ont profité de l’existence d’un terrain fertile, de la difficile conjoncture économique que traversait le pays, pour s’implanter. Elles recrutent leurs fidèles parmi les couches sociales démunies ou au sein de l’Eglise catholique. Leurs animateurs développent un message proche de celui de la théologie de la libération et de l’espoir en promettant «guérison, succès et salut à vil prix» aux adeptes.

Pour faire face à ces activistes religieux, l’Eglise catholique camerounaise s’est réorganisée. «Dans chaque paroisse aujourd’hui, a expliqué le père Pierre Titi Nwel, sociologue et coordonnateur du service Justice et Paix de la Conférence nationale épiscopale du Cameroun au quotidien Le Messager, il y a un minimum de six messes tous les dimanches». «S’il faut y ajouter les messes du samedi, cela fait en tout huit messes par semaine», a-t-il poursuivi. Selon lui, cela veut dire que «beaucoup de gens vont à la messe et que l’Eglise catholique bénéficie d’une grande tribune». «Elle reçoit beaucoup plus de personnes que ces sectes. Elle n’a donc pas à faire la concurrence avec les autres», a-t-il fait remarquer. (apic/ibc/js)

17 mars 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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