Le pape a rapproché l’Eglise africaine de ses fidèles

Cameroun: Les 25 ans de pontificat de Jean Paul II commentés par le président de l’Acddh

Yaoundé, 16 octobre 2003 (Apic) Jean Paul II a rapproché l’Eglise catholique africaine des fidèles, a déclaré jeudi sur Radio France Internationale (Rfi), Pierre Titi Noël, président de l’Association Catholique de Défense des Droits de l’Homme (Acddh). Il souligne que durant ces 25 dernières années, les évêques africains ont eu des fonctions éminentes dans le gouvernement central de l’Eglise.

Le président d’Acddh, qui est l’antenne nationale de la Commission «Justice et Paix», était l’invité de Rfi à l’occasion du 25e anniversaire de l’élection sur le siège de Pierre de Karol Wojtyla, le 16 octobre 1978. Il a rappelé que le pape n’a pas eu de «contact direct avec la colonisation et n’avait pas de préjugé sur les noirs et sur l’Afrique». C’est la raison pour laquelle il a confié d’importantes responsabilités à des évêques africains.

Le génocide de 1994 au Rwanda, qui a eu lieu sous le pontificat de Jean Paul II, n’est pas «un échec» de l’idée, selon laquelle l’Afrique est une terre d’évangélisation. «Pour nous Africains comme pour d’autres peuples, on doit faire une distinction nette entre être baptisé et être converti au christianisme, qui sont deux choses tout à fait différentes», a- t-il souligné. Selon lui, la «conversion est une oeuvre de longue haleine, c’est aussi une grâce, et c’est autre chose que d’aller seulement à la messe et dire qu’on est chrétien».

Pierre Titi Noël apprécie que le pape ait dit aux Africains: «Allez annoncer l’évangélisation aux autres». Or, poursuit-il, «on nous a toujours dit que le christianisme est l’affaire des blancs, mais voilà que le pape est venu nous dire que c’est à nous aussi de l’annoncer aux autres».

En qui concerne le rôle de l’Eglise dans le règlement des conflits en Afrique, le président de l’Accdh estime qu’elle est «le dernier rempart en Afrique centrale». «Elle parle, nous prévient, témoigne sur les problèmes de droits de l’homme, de corruption». Elle a également joué un rôle important dans la démocratisation en Afrique. Dans de nombreux pays, elle s’est battue pour la mise en place d’un code électoral qui soit accepté et acceptable par tous. (apic/ibc/bb)

17 octobre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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