Cameroun: Les Eglises invitées à promouvoir «la reconfiguration» de l’oecuménisme
Le mouvement oecuménique en position de faiblesse
Yaoundé, 25 novembre 2003 (Apic) Des représentants du Conseil oecuménique des Eglises (COE) ont appelé les évêques, les membres des Eglises et les laïcs africains à entamer le processus de «reconfiguration» du mouvement oecuménique sur leur continent dans le cadre d’une initiative lancée à l’échelle mondiale. Un appel lancé dans le cadre de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA), qui se tient cette semaine à Yaoundé, au Cameroun
Face à la concurrence d’Organisations non gouvernementales (ONG) pour obtenir des ressources, qui se font de plus en plus rares, et financer leurs projets sociaux et leurs activités oecuméniques, les Conseils nationaux d’Eglise doivent tirer profit au maximum de leur mission unique au niveau local, a déclaré le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du COE démissionnaire.
S’exprimant devant les participants à la 8e Assemblée générale de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA), réunis cette semaine à Yaoundé, au Cameroun, le pasteur Raiser, rappelant que les Eglises avaient jusque là encouragé l’oecuménisme au niveau institutionnel, a suggéré qu’elles se tournent vers la base pour la sensibiliser aux questions de justice et de paix.
Redéfinir les rôles
Selon le pasteur Raiser, le mouvement oecuménique organisé se trouve en position de faiblesse par rapport aux réseaux et alliances de mouvements et d’organisations sociales de la société civile, qui ont développé des réponses plus flexibles et efficaces face à la mondialisation. «De plus en plus de formes classiques du témoignage et du service oecuméniques sont aujourd’hui reprises par des ONG laïques, ce qui engendre, à ses yeux, une situation de concurrence dans laquelle les organisations oecuméniques se trouvent du coté des perdants».
Le but de la démarche qui consiste à «redéfinir le rôle des organisations oecuméniques dans le contexte mondial actuel», a-t-il ajouté, «serait de rallier à nouveau les partenaires autour d’un ensemble commun de valeurs et d’attitudes et d’aiguiser la conscience d’une mission commune», le principal objectif étant d’empêcher le mouvement oecuménique de se désintégrer».
Rencontre avant novembre 2004
La semaine dernière, Konrad Raiser avait déjà participé au Liban à une rencontre des Eglises membres du COE et de plusieurs organisations, responsables d’Eglise, théologiens et directeurs d’agences chrétiennes. Un rapport publié après cette réunion propose d’inviter des représentants des Eglises catholique romaine, évangéliques et pentecôtistes – dont la plupart ne sont pas membres du COE – à une rencontre avant novembre 2004 afin de débattre de la formation d’un nouveau réseau de relations.
Selon le rapport, l’importance de «la reconfiguration du mouvement oecuménique» découle en grande partie de la nécessité de refléter les changements mondiaux. Pour cela, il sera nécessaire, entre autres, de «renouveler la confiance des Eglises pour faire face aux forces de la mondialisation et de l’hégémonie» et de faire en sorte que les structures oecuméniques deviennent « moins eurocentriques et plus attentives aux Eglises du Sud».
A Yaoundé, le pasteur Samuel Kobia, du Kenya, qui prendra les fonctions de secrétaire général du COE en janvier après le départ du pasteur Raiser, a invité toutes les Eglises africaines, y compris leurs mouvements de femmes et de jeunes, a’ participer a’ ce processus de reconfiguration.
Le sujet de la «reconfiguration» oecuménique a provoqué un vif échange parmi les centaines de délégués à l’Assemblée de la CETA. (apic/eni/pr)




