Cameroun: Les observateurs de l’Eglise révèlent des «irrégularités» dans les élections

Bureaux de vote fictifs, corruptions et système sélectif

Yaoundé,7 juillet 2002 (APIC) Le Mouvement des Observateurs Chrétiens du Cameroun (MOCC) a affirmé samedi que de «nombreuses irrégularités» ont eu lieu lors des élections législatives et municipales du 30 juin. Cet organe de contrôle des élections a été mis en en place par l’église catholique locale pour observer le déroulement normal du scrutin du week-end dernier.

Dans une déclaration à l’AFP, Titi Nwell, coordonateur du mouvement, a indiqué que les quelque 50 membre du MOCC accrédités lors des élections, ont «constaté de nombreuses irrégularités». Il s’agit notamment de bureaux de vote fictifs, ainsi que des cas de corruption actives d’électeurs par de l’argent, la boisson et de la nourriture. «Des attitudes parfois compromettantes des responsables administratifs», ont également été notées, a pour sa part, indiqué Mgr Patrick Lafon, secrétaire général de la Conférence Episcopale du Cameroun (CEC). Dans un communiqué, il a dénoncé ces «graves et multiples atteintes à la liberté de vote des citoyens, la corruption par l’achat des consciences, la création de bureaux de vote fictifs, l’existence d’un système sélectif d’inscription sur les listes électorales et d’attribution de cartes d’électeurs».

L’Eglise au Cameroun, aidée par la représentation locale de la fondation «Freiderich Ebert», avait formé pendant plusieurs 3’000 observateurs chrétiens. Ils étaient recrutés à travers tous les diocèses du pays. Mais le ministère de l’Administration territoriale, en charge de l’organisation des élections, n’a accepté d’accréditer que 50 parmi eux, sur 800 demandes.

Des élections faussées dès le départ

Selon Titi Nwell, qui est aussi coordonateur national de la Commission Justice et Paix de la CEC, les élections du 30 juin ont été faussées dès le début du processus, «à partir des inscriptions sur les listes électorales». Des électeurs ont, par exemple, eu des difficultés à s’inscrire sur les listes. Le ministère de l’Administration territoriale a refusé de tenir compte de cette situation, en rejetant un rapport déposé auprès de son secrétariat.

Le gouvernement s’est félicité de ces critiques de l’Eglise. Son porte- parole, Jacques Fame Ndongo, ministre de la Communication, les a jugé positives. Dans un communiqué rapporté par l’AFP, il a estimé qu’elle traduisent «l’intérêt porté à l’évolution du processus démocratique par différentes associations laïques et religieuses». Il les a qualifié de «louables, dans la mesure où ces associations voudraient contribuer à l’amélioration des comportements et des pratiques des citoyens camerounais vis-à-vis de leurs droits et devoirs». (apic/ibc/bb)

7 juillet 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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