Lutter contre l’exploitation des enfants

Cameroun: Première réunion de tous les chefs traditionnels depuis 40 ans

Yaoundé, 12 mai 2002 (APIC) Les chefs traditionnels de l’ensemble des dix provinces du Cameroun ont pris la résolution de combattre radicalement le travail juvénile. Partie d’une initiative de l’UNICEF, cette réunion est la première du genre depuis l’indépendance du pays en 1960. On estime à 800’000 le nombre d’enfants victimes chaque année d’un véritable trafic d’esclaves au Cameroun.

Le Cameroun est l’un des pays africains où le phénomène de l’exploitation des enfants est le plus développé. Le trafic d’enfants y est très courant et dispose d’un réseau aux ramifications internationales. La ville de Bamenda, capitale de la province du nord-ouest est la plaque tournant de ce trafic. Selon le correspondant de RFI (Radio France Internationale), de nombreuses personnes vont dans cette ville pour recueillir des enfants en bas âge qu’elles amènent ensuite dans les villes où ils sont placés auprès de familles pour servir de domestiques ou plus exactement d’esclaves. Selon les statistiques officielles, chaque année, quelque 800’000 enfants sont les victimes d’un véritable trafic d’esclaves au Cameroun. Le pays est également un pays de transit du trafic d’adolescents. Il sert d’escale aux enfants achetés en Afrique de l’ouest (Bénin, Togo, Burkina-Faso) et convoyés vers le Gabon.

Le trafic n’est le seul problème de la condition enfantine au Cameroun. En milieu urbain, on retrouve de nombreux enfants qui, coupés de l’école et de leurs parents, sont livrés à eux-mêmes dans les rues ou artères des grandes villes camerounaises, telles que Yaoundé ou Douala.

En milieu rural, les enfants, à cause de la pauvreté des familles, sont affectés à des travaux champêtres. Ils vont aux champs ou gardent le bétail. La main d’oeuvre infantile est jugée comme tout à fait normale au Cameroun, les parents estimant avoir tout droit sur eux. Pour certains de ces parents, on peut faire de son enfant ce qu’on veut ou l’affecter à n’importe quel type de tâche.

Les chefs traditionnels veulent changer ces mentalités. Le gouvernement aussi s’est engagé à lutter contre ces pires formes de travail des enfants, en ratifiant la convention 182 de l’Organisation Internationale du Travail. C’est une convention qui porte sur l’élimination des pires formes de travail des enfants. Le Cameroun, comme beaucoup de pays africains, ratifie beaucoup de conventions internationales, mais ne les appliquent pas, faute de campagnes de sensibilisation, précise le correspondant de RFI. (apic/ibc/sh)

12 mai 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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