Suisse: La biodiversité contre la faim

Campagne annuelle de SWISSAID

Berne/Lausanne, 16 février 2010 (Apic) L’alimentation de l’humanité se réduit à une base si étroite qu’elle en devient inquiétante. Le riz, le maïs et le blé à aux seuls couvrent la moitié des besoins alimentaires. « La diversité des plantes et des races animales sont pourtant d’une importance décisive pour lutter contre la faim et la pauvreté » a expliqué la directrice de SWISSAID Caroline Morel, à l’occasion du lancement de la campagne annuelle de l’organisation sur le thème de la biodiversité. Une « caravane des semences » sillonnera d’ailleurs la Suisse, du 25 mai au 4 juin, pour informer le public à ce propos.

«Le maïs, les haricots et le tubercule de yuca sont utilisés comme aliments de base, tandis que le café, le cacao et la canne à sucre ou les fruits sont commercialisés». C’est ainsi que la directrice Caroline Morel a décrit les résultats obtenus par un projet en Colombie, par lequel SWISSAID lutte contre la perte de la diversité des variétés. Ce projet permet aux communautés paysannes d’être bien armées contre les pertes de récoltes dues à des maladies ou à la sécheresse qui affectent souvent une seule variété de plantes. Cela leur permet également d’obtenir des revenus suffisants.

Danger des monocultures

C’est en revanche ce qui se passe lorsqu’on opte en faveur de monocultures, ont souligné le conseiller national et président de SWISSAID Rudolf Rechsteiner et le conseiller aux Etats Robert Cramer, de retour d’un voyage en Colombie organisé par SWISSAID. A ce moment, un incendie a détruit de nombreuses plantations de palmiers à huile, dont la production servait à la fabrication d’agrocarburants. Alors que le marché s’effondre, a expliqué Robert Cramer, il n’y a pourtant plus de possibilité de compenser par un autre produit. Pour Rudolf Rechsteiner, cet exemple montre une fois de plus à quel point il est insensé de consacrer de précieuses terres arables pour produire des agrocarburants. La tendance, mondiale, se poursuit : actuellement, seules quinze plantes et huit races animales assurent les 90 pourcents de l’alimentation. Et les semences à haut rendement commercialisées par les multinationales réduisent la diversité des cultures, mais aussi du contenu de nos assiettes. Au Myanmar (Birmanie) s’ajoute à cela un facteur aggravant : celui d’une déforestation incontrôlée. Pourtant, il existe des alternatives. « Lorsque les populations reconnaissent la valeur des semences locales et recommencent à utiliser des variétés anciennes, elles peuvent retrouver leur sécurité alimentaire », a expliqué Zung Ting, collaborateur de SWISSAID en Birmanie. En Birmanie, la création de banques de semences a permis d’obtenir des résultats tout à fait encourageants. Des campagnes similaires ont cours actuellement dans la plupart des neuf pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine dans lesquels SWISSAID est active. Et en Suisse, du 25 mai au 4 juin, une « caravane des semences » sillonnera le pays afin de rendre attentif le public suisse à la perte rapide de la diversité des plantes.

Récolte de fonds : des résultats excellents

SWISSAID, la fondation suisse pour la coopération au développement, a obtenu d’excellents résultats à l’occasion de sa récolte de fonds, qui a atteint quelque 10,2 millions de francs. Malgré la crise financière et économique, le volume des dons se situe dans la moyenne de l’année précédente. « Nous comprenons cela comme une marque de confiance de la part de nos donatrices et de nos donateurs, qui apportent leur appui aux plus pauvres également en période de crise », a estimé la directrice de SWISSAID Caroline Morel à Berne. Informations: c.morelàswissaid.ch (apic/com/js)

16 février 2010 | 11:12
par webmaster@kath.ch
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