Les trois Eglises nationales proposent des

Campagne contre le racisme en Suisse (140494)

réflexions bibliques pour surmonter le racisme

lausanne, 14avril(APIC) En vue de la votation sur la modification du code

pénal et du code pénal militaire suisses (loi contre le racisme), un groupe

oecuménique de travail a élaboré, sur mandat des trois Eglises en Suisse

(protestante, catholique romaine et catholique-chrétienne), un argumentaire

intitulé «Réflexions théologiques pour surmonter le racisme». Les théologiens chrétiens y rappellent que tous les hommes sont à l’image de Dieu,

que tous sont placés sous la protection de Dieu, et que l’amour du prochain

est sans limite.

Les auteurs de l’argumentaire contre le racisme commencent par se référer à la Genèse, au récit biblique de la création, qui affirme que Dieu a

créé l’homme à son image. Ils en déduisent qu’il n’existe de ce fait aucune

distinction d’origine, de couleur de peau ou de race: tous les hommes sont

égaux devant Dieu. Tous ont la même dignité comme créatures de Dieu. «Cette

idée est renouvelée par la venue du Christ qui abolit les murs séparant les

humains d’origine différente. C’est ce que déclare Paul dans son épître aux

Galates: ’Il n’y a plus ni Juif, ni Grec; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre; il n’y a plus l’homme et la femme, car tous vous n’êtes qu’un en

Jésus-Christ’».

Les théologiens chrétiens rappellent également que la diversité humaine

correspond à la volonté de Dieu: «Dieu n’a pas créé les hommes uniformes.

Dès les premiers chapîtres de la Bible, il est remarqué que Dieu acceptait

la différence et la diversité, par exemple dans la descendance de Moïse».

En outre, les destinataires de la mission de Jésus sont «toutes les nations» dans leur diversité. Lors de l’épisode de la Pentecôte, tous les

hommes sont interpellés et reconnus dans leur multiplicité. Sous l’effet du

Saint Esprit, les barrières ethniques qui avaient été dressées sont abolies. C’est très tôt que des croyants de diverses ethnies d’Afrique, d’Asie

et plus tard d’Europe ont appartenu à la jeune communauté chrétienne.

Une communauté universelle des peuples

Le document des théologiens chrétiens ajoute que tous les peuples de la

terre sont en relation les uns avec les autres, comme le montrent plusieurs

textes bibliques. De plus, tant dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau, l’»étranger» bénéficie de la protection particulière de Dieu. Selon

le Deutéronome, la veuve, l’orphelin et l’étranger sont confiés à la garde

du peuple d’Israël, car Dieu lui-même est leur protecteur. Quant à Jésus,

il s’adresse tout particulièrement aux exclus; il s’identifie lui-même à

l’étranger et parle aussi aux hommes qui ne font pas partie de la maison

d’Israël.

L’exemple de Jésus engage tous ceux qui croient en lui. Pour les auteurs

de cet argumentaire anti-racisme, l’amour du prochain est sans limite,

puisqu’il occupe la même place que l’amour de Dieu. En outre, l’amour du

prochain n’est pas destiné à rester théorique; il est exigé concrètement

dans l’accueil du prochain tel qu’il est. Dans le respect de cette éthique,

les Eglises portent une responsabilité particulière. Malheureusement, elles

n’ont pas toujours été capables de prévenir le racisme ou le nationalisme.

Elles l’ont parfois même encouragé, comme le montrent les exemples du Troisième Reich ou de l’Afrique du Sud.

Or l’Eglise chrétienne se conçoit comme un chemin vers une communauté

universelle des peuples. Elle est donc multiculturelle. Et les théologiens

de conclure: «Cette vision devrait marquer maintenant déjà notre attitude

face à l’étranger.» (apic/spp/fs/pr)

14 avril 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!